ORT
ORP
— ÉTYM. On l’a assimilé au sanscrit rïbhu, au plu-riel ribhavas, nom de demi-dieux védiques.
ORPHELIN, 1NE (or-fe-lin, li-n’), s. m. et f.Il 1° Enfant qui a perdu son père et sa mère ou l’undes deux. Les orphelins qui de tous les pauvres sontles plus abandonnés, bourdal. Exhort. char. env.les orphel. t. i, p. ioo. Le sang de l’orphelin, lespleurs des misérables Sont ses mets les plus agréa-bles, bac. Esth. ni, 3.Je suis, dit-on, un orphe-
lin, Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance,Et qui de mes parents n’eus jamais connaissance,
lu. Ath. ii, 7.Que Dieu veut être aimé, Qu’il
venge tôt ou tard son saint nom blasphémé, Qu’ilest le défenseur de l’orphelin timide, id. ib. n, 7.Cette célèbre Catherine [Catherine I ”], orpheline,née dans le village de Ringen en Esthonie, nourriepar charité chez un ministre livonien.... volt. Rus-sie , Anecdotes. L’idée de celte tragédie [l’Orphelinde la Chine] me vint, il y a quelque temps, à la lec-ture de l’Orphelin de Tchao, tragédie chinoise tra-duite par le P. Prémare, qu’on trouve dans lerecueil que le P. du Halde a donné au public, id.Orphel. Æp{(. Sincérité, bonté, fierté, Dieu deman-dera-t-il davantage à l’orpheline qui se trouvaitseule dans l’univers? stael, Corinne, xiv, 4. || Or-phelin de père, celui dont le père seul est décédé.Orphelin de mère, celui dont la mère seule est décé-dée. || 2° Les Orphelins, se dit dans plusieurs villesd’une maison d’asile pour les orphelins. || 3" NomPris par un grand nombre de hussites après la mortde Ziska, leur chef. || 4° id;. Il est orphelin de pèreat de mère. Là le fils orphelin lui redemande [à unmauvais médecin] un père, boil. Art p. tv.
~ iilST. xi* s. À la vedve e as orphanins, Lois deOuill. 9 . || xii* s. Tant enfant ierent [seront] de lorpere orfenis, Jlonc. p. 7a. Innocens orphenins, ved-vos veiz [tu vois] essillier, Ceaus [ceux] qui culpesr>’i unt hors del païs chacier, Th. le mart. 89.Il xiu* s. Et si se desnue et desrobe, Qu’ele est or-•cnine de robe, la Rose, 6176. 11 ne loist pas [n’estPas permis] au pere et à le [la] mere à donner touta l’un de lor enfans, que li autre en demeurent or-phelin et déshérité, beaum. xiv, 15. || xiv* s. CarSava-ris — le sien pere [d’une princesse] enherba [em-poisonna] Le fort roy Looys, dont orphe [elle]demoura, Hugues Copet, v. 1925. Hennequin quinstoit et est desaagez, orphenes, pupilles et menresdans [mineur], du cange, aagiatus. || xv* s. Filleque j’ay, puisque vous fustesnée, Orphenine de meredefaillant, Dix et sept ans nourrie et gouvernée....®. desch. Bail. Comment le père.... || xvi* s. N’avezvous point pitié de ma douleur, En me voyant dedame estre mechine, De liberté et franchise orphe-une [privée]? i. marot, v, 40. Son armée demeuraorpheline de capitaines et de conducteurs, carl. i,Ilz y demourerent presque tous, et n’en eschappafiu’un petit enfant orphelin de pere et de mere,4myot, Ct'mon, l. Lesquels comptes avec les doublesdes inventaires qui se font des biens des trespassezdelaissans enfants mineurs, et les pieches servanssusdits comptes se gardent et mettent en la chambredes orphelins, Nouv. coust. génêr. t. i, p. 290.
. Etvm. L’ancienne forme est orphenin, d’un dé-rivé non latin orphaninus, de orphanus, orphelin ;Erec, àptpavèc ; comparez le lat. orbus, privé de, et lefansçr. orbhaka, enfant, arbha, petit; allem. Erbe,dentier. Orphdnus a donné l’ancien français orphe ;lespagn. huerfano; le portug. orfâo; l’ital. orfano .
T Ohl’IIELINAGE (or-fe-li-na-j’), s. m. Étatd’or-Phelin, d’orpheline.
— Hist. xvi* s. Coriolanus, estant demouré or-phelin de son pere, feut nourry soubs sa mereveufve, et feit voir par expérience, que l’orpheli-d a ge apporte bien d’autres incommoditez à un en-a nt, mais qu’il ne l’empesche point d’estre hommede bien, amvot, Cor. t.
ferîté t ‘ TYM ' Orphelin . L’ancienne langue disait or-
t Orphelinat (or-fe-li-na), s. m. Maison d’a-Sile pour les orphelins.
t ORPHELINE (or-fe-li-n’), ». f . Ancien nom dePlusieurs coquilles bivalves.
, T, Orphéon (or-fé-on), s. m. || 1“ Ecole de chantétablie à Paris, en 1833, par Wilhem , et composéedes meilleurs chanteurs des écoles primaires. || So-ciété dont les membres se livrent à l’étude et à laPratique de la musique vocale et du chant choral,? ans accompagnement. || 2“ Instrument à cordes eta clavier, dans lequel le son est produit par uneroue qui frotte les cordes.
+ ORPHÉONIQUE (or-fé-o-ni-k’), adj. Qui concernela musique chorale populaire. Concours orphéonique.
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
ORS
f ORPHÉONISTE (or-fé-o-ni-st’), ». m. pl. Mem-bre d’un orphéon.
t ORPHIE (or-fie), s. f. L’esox belone, poisson.
ORPHIQUE (or-fi-k’), adj. || 1* Se dit des dogmeset des mystères attribués à Orphée . || Œuf orphique,sorte d’emblème de l’univers. || Vie orphique, viesage et réglée par l’amour de la vertu, telle qu’onl’attribuaitàOrpliée. || 2 ’S. m. pl. Lesorphiques, phi-losophes pythagoriciens prétendant avoir reçu d’Or-phée dogme et morale. Ce philosophe était de la sectedes orphiques. || 3°S. f. pl. Les orphiques, orgies oufêtes de Bacchus, parce qu’Orphée avait péri dansune de ces solennités, ou, suivant d’autres, parcequ’il les avait instituées. || 4° S. m. pl. Les Orphi-ques, poèmes attribués à Orphée .
— ÉTYM. ’Opçuzô;, de ’OpçEÙç, Orphée .
ORPIMENT (or-pi-man), s. m. Sulfure jaune d’ar-senic, naturel ou artificiel, employé en peinture,différent du sulfure rouge qui contient moins desoufre et qu’on nomme réalgar. Les sources [sali-nes] de Montmorot charriaient, disait-on, de l'arsenicet de l’orpiment, condorcet, ilontigni. L’orpimentqui entre dans les couleurs et dont les Orientauxfont un grand usage pour dépiler leur corps, raynal,Ilist. phil. m, 14.
— HIST. xiii* s. Li somiers d’orpieument [doit]xxv denier», tailliar, Recueil, p. 26. || xvi* s. Or-piment rouge ou citrin, paré, xi, 20 . La chaux viveet orpigment, que les Grecs appellent arscnicum,pris en breuvage, rongent l’estomach.... id. xxiii,46.
— ÉTYM . Provenç. aurpigment, auripiment ; cat.orpiment; espagn. oropimento; portug . ouropi-menlo; ital. orpimento; du lat. aurum, or, et pig-mentum, pigment.
f ORPIMENTER (or-pi-man-té), t). a. Mêler oucolorer avec de l’orpiment.
ORPIN (or-pin), s. m. || 1° Synonyme d’orpiment.Orpin ou orpiment, le ioo pesant, payera ioo sous,Tarif, 18 sept. 16C4. L’arsenic sulfuré jaune du com-merce vient du Levant; il est employé dans la pein-ture sous le nom d’orpin ; Wallerius dit qu’on s’ensert pour teindre en jaune les bois blancs, et leurdonner l'aspect du buts, al. brongniart, Traité deminér. t. n, p. 90, dans pouoens. || 2° Terme de bo-tanique. Nom d’un genre de crassulacées, dans le-quel on distingue l’orpin reprise, dit vulgairementorpin, grassette, joubarbe des vignes, herbe auxcoupures, herbe aux charpentiers, feuille grasse etfeuille épaisse ( sedum tclephium, L.), et l’orpinâcre, vermiculaire brûlante, sédon brûlant (sedumacre, L.). || Le nom delà substance minérale a passé,à cause de la couleur, à la plante.
— HIST. xiv* s. Orpin, qui aultrement est appelléarsenic, est une vaine de terre qui a la couleur d’or,de laborde, Émaux, p. 419. || xvi* s. Reprinse ouorpin, ceste herbe est aussi appellée telephium, etcrassula major et minor, o. de serres, 609.
ORQUE (or-k’), ». f. Mammifère marin, qui est laphocène orque, plus connue sous le nom d’épaulard.
— hist. xvi* s. Je voy sortir des abysmes Une or-que, pour m’abysmer..., dubell. ii, 37, verso.
— ÊTYM.Esp. et ital. orco ; du lat. orca, épaulard.
jOHRERY (o-rré-ri), s. m. Machine d’Orrery, ou,
elliptiquement, un orrery, machine inventée pourreprésenter le système moderne d’astronomie, avecla mobilité de la terre. Vous admirez ces machinesd’une nouvelle invention qu’on appelle orrery,parce que milord Orrery les a mises à la modeen protégeant l’ouvrier par ses libéralités, volt.Jenni, 8.
f ORSE (or-s’), s. m. Synonyme de bâbord et delof, sur la Méditerranée.
— HIST. xv* s. Par eulx convient le timon orde-ner; Â pouge, à ourse est la flette tournée, e. desch.Poésies mss. f° 245 .
— ÉTYM . Prov. orsa; ital. onia; du germanique ;holland. lurts; bavar. lurs, gauche; avec chute del’{ initiale prise pour l’article.
ORSEILLE (or-sè-lT, Il mouillées, et non or-sè-ye),s. f. || 1° Espèce de lichen qui donne une belle cou-leur bleue tirant sur le violet, lichen roccella, L.roccella tinctoria, PC, et lichen parella, L. leca-nora parella, Achar. L’orseille, qui est une petitemousse ou croûte qui vient sur les pierres et les ro-chers des montagnes, Instruct. génér. pour la teint.18 mars 4074 , art. 3is. || 2» Pâte d’un rouge violet,employée en teinture et préparée avec ce lichen. L’or-seille est une espèce de pâte de rouge violet quel’on prépare dans les Canaries et au cap Vert avecle lichen roccella, et dans les départements duPuy-de-Dôme et du Cantal avec le lichen parellus ou
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la parelle; on nomme le premier orseille d’herbe,et le second orseille de terre, fourcroy, Connaiss.ehim. t. viii, p. 71, dans pougbns. || On a dit aussiorseil : Orseil ou tournesol, en herbe, en barils etnon apprêtée, le 1 0 » pesant payera 10 sols, Tarif,18 sept. 1664.
— Étym. Lorchel, un des noms de l’orseille;terme botanique lichen roccella; du nom de Fede-rigo Rucellai ou Oricellari, qui, vers l’an 1300, in-troduisit dans les fabriques de teinture l'emploi dece lichen (hœfer, Hist.de la chimie, 1. 1 , p. 471).
t ORSER (or-sé), ». n. Terme de marine. Syno-nyme, dans la Méditerranée, de lofer.
— hist. xvi* s. Guare la caveche,hau mousse, depar le diable hay : orche, orche I rab. Pant. îv, 2 ».
— étym. Orse.
f OR-SOL (or-sol), ». m. Ancien terme de banque,employé pour évaluer et calculer les monnaies deFrance , dans les remises qu’on en faisait pour lespays étrangers, et qui triplait la somme remise.Ainsi, quand on disait 460 livres quinze sous sixdeniers d’or-sol, on entendait 4352 livres six soussix deniers tournois; la livre d’or-sol valant trois li-vres simples, le sol d’or-sol trois sous, et le denierd'or-sol trois deniers.
ORT (or), adj. inv. Terme de commerce. Peserort, peser les marchandises avec les emballages.Cette balle pèse cent livres ort.
— ÉTYM . Autre forme de ord, sale, brut.
ORTEIL (or-tèll, Il mouillées), s. m. || i* Doigt
du pied. Les cinq orteils. || Le gros orteil, ou,simplement, l’orteil, le plus gros doigt du pied.Elle [la goutte] prend l’autre lot, y plante le pi-quet [dans une cabane], S’étend à son plaisir surl’orteil d’un pauvre homme, la font. Fabl . m, 8.
|| 2“ Ancien terme de fortification. Espace d’unecertaine largeur qu’on laisse en dehors, entre lepied d’un rempart et l’escarpe du fossé, pour re-tenir la terre du parapet. || 3” Orteil de mer, espèced’alcyon.
— HIST. xii* s. Ses mains [elle] lurenjoinst main-tes feiz, Evoleit baiser lur orteiz; N’i a nul d’elspitié n’en ait De l’angoissus dol [deuil] qu’ele fait,benoit, 11 , 2825. || xiii* s. Sur les ortilz des piez[ils] esteient, marie, Purgatoire, 41 67. [Chez l’au-tour] lonc talon, et tout l’arteil bien gros, non pasde char, mais de ners avec les os, brun, latini,Trésor, p. <99. ||xiv* s. Le leup a le bout des or-taux plus gros et plus rond que D’ont les chiens,Modus, f“ xxxix, verso. || xv* s. Ne me demeure or-teil en pied ne doy en main dont le sang ne saille,Perceforest , t. iv, f- io7.||xvi* s. L’on dit que legros orteil de son pied droit avoit quelque vertu divine, amyot , Pyrrh. 8. En mon enfance, le princede Sulmone à Naples , maniant un rude cheval detoute sorte de maniements, tenoit, soubs ses genouilset soubs ses orteils, des reales, comme si elles yeussent esté clouées, pour monstrer la fermeté deson assiette, mont. 1, 369. Fut tiré un coup de hac-quebouze, dont la pierre le vint frapper au traversdes reins et lui rompit tout le gros orteil [articula-tion] de l’eschine, Hist. du chev. Bayard, p. 397dans LACURNE.
— ÉTYM. Arteil, dans Furetière qui dit que or-teil est la prononciation populaire (mais l’historiquemontre que orteil remonte aux plus anciens temps);Berry, orté, artè, arloul prononcé ortou, orti-gnolle, s. f., diminutif d’orteil; bourg, alô, orteils;picard, ortieu; wallon, ôrlia ; Hainaut, artoill*.;genev. arteuil, artieu, orteuil; prov. arteil; esp,artijo; port, artelho; ital. artiglio ; du lat. arltcu-lus, diminutif de artus, membre (voy. article) :proprement le petit membre. Le sens étymologiqued’articulation se trouve dans un des textes de l’his-torique. Orteil est un des rares exemples du chan-gement de a en 0 , tandis que le changement in-verse d’o en a est fréquent.
f ORTHO.... préfixe qui signifie droit, dressé, etvient du grec épêoç, qui est le sanscrit ûrdhva,dressé, et le latin arduus.
f ORTUOBAS1QUE (or-to-ba-zi-k’), ad,j. Terme deminéralogie. Substances orthobasiques, substancesdont les cristaux ont des coordonnées orthogonales.
t ORTHOCÈRE (or-to-sè-r'), adj. Terme de zoo-logie. Qui a des cornes ou des antennes droites, unecoquille droite.
— ÉTYM . Ortho..., et xÉpaç, corne.
t ORTHODACTYLE (or-to-da-kti-1’), adj. Termede zoologie. Qui a les doigts étendus, droits
— Etym . Ortho..., et ôàx.Tv>oç, doigt.
■j ORTHODON (or-to-don), ». m. Espèce de cétacé.
— ÉTYM . Ortho. .., et 6Soùç, ASovtoc, dent.
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