OSE
OSE
OSI 869
maisons, et même dans les champs où les oscillesétaient suspendues aux arbres, pour servir de pré-servatif infaillible contre les enchantements, le-goarant.
— Étym. Lat. oscillum (voy. osciller). 1OSCILLER (o-ssil-lé), v. n. Se mouvoir alternati-vement en deux sens contraires. Toutes chosesd ailleurs égales, un pendule plus long oscille pluslanternent, condil. Art de rais, v, s. Dans ce siè-cle si fertile en découvertes, Galilée avait observéfjue la pendule oscille en temps égaux, bailly,nùî. astr. mod. t. ni, p. 323. Comme l’un de cesas tres [l’étoile du matin et l’étoile du soir] ne semontrait jamais que l’autre n’eût disparu, on jugeaenfin que c'était la même planète qui oscillait dechaque cêté du soleil, laplack, Expos, i, 5. || Parextension, il se dit d’un mouvement apparent d’os-Çillation dû au papillotement de la vue. On voyaites forêts et les monts s’ébranler, Et dans l’air incer-toin les astres osciller, st-lamb. Sais. tv. || Fig. 11 semlègue dans la classe de ceux qui oscillent entre leV] ce et la vertu, mnEn. Claude et Nér. n, et. LesRations ont toutes oscillé de la barbarie à l’état po-ncé, de l’état policé à la barbarie, baynal, Hist.Phil. xix, 2 . || u se conjugue avec l’auxiliaire avoir.~ ÈTYM. Lat. ascillari. Corssen [Journal de Kuhn,co) pense qu’oscillum, comme osculum , sign ifiantPetit visage, petit masque, poupée, est l’origine dece mot,et qu’omüare est le n'énominatif qui dési-gne le mouvement de ces poupées suspendues à desbranches; trois vers de Virgile (Géorgiques , u, 398)re ndent cela très-vraisemblable (voy. oscille).
t OSCINE (o-ssi-n’), s. ||1“ S. m. p/. Il se dit quel-finefois, en français , des oiseaux dont les Romainsconsultaient le chant pour en tirer des augures.n®° S. f. Oscine dévastante, insecte qui fait dumal aux grains dans les greniers.
étym . Lat. oscen, oscinis, quasi ore canens,c °mme chantant de la bouche, dit Varron.
T OSCITANT, ANTE (o-ssi-tan, tan-t’), adj. Termei médecine. Fièvre oscitante, fièvre accompagnéee bâillements fréquents.
Étym . Lat. oscitare, bâiller.
T OSCULATEUR, TIUCE (o-sku-la-teur, tri-s’),a “J- Terme de géométrie. Cercle osculateur, courbebsculatrice, solide osculateur, cercle, courbe, solide’ U1 a deux éléments infinitésimaux communs avec
autre courbe, présente la même courbure
une
3 U elle, et sert à en estimer la courbure. On peut tou-i° Urs . ^ chaque point de sa surface [de la terre] con-cevoir un ellipsoïde osculateur qui se confonde sen-■nlement avec elle dans une petite étendue autouru point d’osculation, laplace, Exp. i, ta. || Ligneseculatrices l’une de l’autre, lignes qui ont lejnerne rayon de courbure à leur point de contact.
Il Deux surfaces sont dites osculatrices l’une de l’au-6 en un point où la normale est commune, lors-„ toutes les sections normales sont respective-me _bt osculatrices.
,/ OSCULATION (o-sku-Ia-sion), s. f. Terme de| ornétrie. Le genre de contact propre aux courbeses os culatrices. |[On ditaussi contact du 2 * ordre.se ~~ ® t VM. Lat. oseulari, baiser, de osculum, bai-.’ Proprement petite bouche (voy. oscule).n -î OSCULE (o-sku-1’), s. m. || 1* Terme de bota-„ 'j! le - Pe tite ouverture située à la face externe des1 'es de pollen. || 2° Terme de zoologie. Suçoir quiJtit le corps des taenias.
~~ é-tym. Lat. osculum , petite bouche, diminutif°*i hoiiche (voy. oral).
osculé, Ée (o-sku-lé, lée), adj. Terme de zoo-ote. Qui a des suçoirs bien apparents.
' r TVM. Oscule .
- OSE, finale représentant la finale grecque8 > a Ç ’ 1 9 UI exprime l’action. En médecine, cette finale^''îbe aux maladies chroniques,kvee i’ ^' z b, zée), part.passé d’oser. ||1“ Tentéavep 3 * 1 i ce * '' n ra Ptosé en plein jour. || 2° Qui tentePoint rt 1Ce ‘ Sera 't-il assez osépourdire....Il n’y asonno a' ma * ac *' 8 s i osée que de se jouer à la per-0<!irii Un m ^ decin > mol. Mal. tm.m, 22.y Lr'E (o-zè-U’, Il mouillées, et non o-zè-ye),8 ’eu ' " ^ om ( * e plante qui désigne surtout plu-l a „ ce ? du genre rumex (polygonées), savoirm Une nde bseiUe, ou oseille sauvage, ou oseille com-oseiuâ T m y X acelosa i L- et la petite oseille oudard ° e “febis, rumex acetosella, l’oseille épi-et aiisc' U i^ are !* e ’ ou P a tience, rumex patientia, L.oseille 1 °? a *' de oseille, ou surelle, appelée petite„ ’ osei 'le ronde, alléluia, pain à. coucou, painc heron C0U ’ ose ' de h trois feuilles, oseille de bû-i etc. et dont on extrait le sel d’oseille, oxa-
lis acetosella, Linné , famille des oxalidées. Lacroissait à plaisir l’oseille et la laitue, la font. Fabl .tv, 4, || Dans une sorte d’argot. La faire à l’oseille àquelqu’un, se moquer de lui, le duper (par un jeude mots roulant sur le double sens de faire une plai-santerie et de faire un plat, une farce à l’oseille).Ne pas se la laisser faire à l’oseille, ne pas se lais-ser duper. || 2° Oseille de Guinée, un des noms souslesquels on a désigné Vhibiscus acide (malvacées)originaire de Guinée , et qui est Vhibiscus sabda-rifja de Linné .
— hist. xvi* s. Jus d’ozeille champestre et do-mestique, PARé, XXIV, 22.
— étym. Forme non latine oxalia, du lat. oxalis;grec, é$a>!c, oseille, de ôÇùç, acide.
OSER (ô-zé), v. a. || 1“ Tenter avec audace. Osezce qu’ont osé tant d’autres conquérants, rotr. An-tig. il, 4. Sachant ce que je puis, ayant vu ce quej’ose, Croit-il que m’offenser ce soit si peu de chose îcorn. Mêdée , i, 4. Il connaissait, dans le parti, deces fiers courages dont l’esprit extrême ose tout,boss. le Tellier. Pourquoi faut-il, ingrat.... Que vousn’osiez pour moi ce que j’osais pour vous? rac. Baj.n, 3. Dans ces moments d’étonnement qui suiventune action inopinée, il est facile de faire tout ce qu’onpeut oser, montesq. Rom. 4 2 . Onsaitce que jepuis,on verra ce quej’ose, volt. Jforf de César, ii,6 . Ra-meau est d’autantplus digne d’estime, qu’il a osé toutce qu’il a pu, et non tout ce qu’il aurait voulu oser, d’a-lemb. l.ib. de la mus. Œuv. t. m, p. 342, dans pou-gens. || Absolument. S’il [le peuple] eût puni Sylla,César eût moins osé, corn. Cinna, it, 2 . Peut-êtreavec le temps j’oserai davantage, rac. Bajaz. n, ».
Il faut oser en tout genre, mais la difficulté estd’oser avec sagesse, c’est concilier une contradic-tion, fonten. Chaselles. Il faut savoir oser; la phi-losophie mérite bien qu’on ait du courage, volt.l.ett. Helvétius , te juill, 1760. Si j’écrivais untraité de politique, je traiterais à fond de l’art d’oser,non moins nécessaire pour faire réussir les entre-prises civiles que les opérations militaires, Mira-beau, Fragments (dans les Mémoires publiés parM. Lucas Montigny, t. vn,p. 215). || Négativementet absolument. Je n’ose. On n’oserait. || Par formede défi, de menace. Vous n’oseriez. || 2” Avec unverbe à l’infinitif, avoir l’audace ou le courage de.Vous l’osâtes bannir, vous n’osez l’éviter, rac.Phèdre, m, t. Moi, quej’ose opprimer et noircirl’innocence 1 id. ib. m, 3. il est beau d’oser s’ex-poser à l’indignation du prince plutôt que demanquer à ses devoirs, mass, dans girault-duvi-vier. Qui suis-je pour oser murmurer de mon sort?l. rac. la Grâce, iv. Tu sais trop bien.... que jen’ose pas oser, beaumarch. Mar. de Fig. i, 7.
3° Se permettre de. Si nous osions demander augrand prince qui lui rend les derniers devoirs,quelle mère il a perdue, il répondrait par ses san-glots, boss. Mar.-Ihèr. Si d’autres osaient le louer,il repoussait leurs louanges, id. Louis de Bourbon.La reine savait combien la médisance se donned’empire quand elle a osé seulement paraître enprésence des princes, id. Reine d'Anglel. Oses-tudonc parler sans l’ordre de ton roi? rac. Esth. m,4. J’ose dire que M. Macquer et M. de Morveausont les premiers de nos chimistes qui aient com-mencé à parler français , buff. Ilist. min. lntrod.t. vi, p. tus. || Si j’ose le dire, si j’ose m’exprimerainsi, formule dont on se sert pour adoucir la forceou la hardiesse d’une expression, d’une idée. Sij’ose expliquer ma pensée, rac. Brit. iv, ». Son an-tagoniste se trouve, si j’ose dire, enchaîné par uncollier de perles, que Socrate lui a passé autour del’entendement, bern. de st-p. Mort de Socrate .|| 4“ Avec la négation, s’abstenir par circonspec-tion. Mille soupçons qui laissent entrevoir ce qu’enn’oserait dire, mass. Carême, Médisance. 11 n’osaitplus parler à la reine avec cette douce liberté quiavait eu tant de charmes cour tous deux, volt. Zardig, viii.
— REM. Dans le sens absolu, ou quand oser estsuivi d’un infinitif, on supprime souvent pas dansles constructions négatives : je n’ose; je n’oseraivous le dire; je n’osais le faire. Tircis, je n’oseÉcouter ton chalumeau, Chanson génevotse citéepar J. J. Rousseau dans ses Confessions, î.
— HIST. xi" s. Mon escient, [ils] nés [ne les] osentaproismer [approcher], Ch . de Roi. clii. ||xii* s. [Il n estpersonne] Qui à Marsille oust [ose] porter mon mesa-ge, Ronc. p. 1 3 . Douce dame, je ne vous os rover [de-mander] Ce dont amors ne me rove pas taire, Couci,II. || xin* s. Biaus très dous fils, fait-elle, commentosas penser...? Berle, ni. Tant vous donrai d avoir comoserez penser, ib. cxii. Maint i perdent, bien dire
l’os, Sens, tens, chastel, cors, ame et los, la Rose,4648. Le cuer ot [Franchise ] dous et débonnaire ; Elen’osast dire ne faire inuli riens qu’el ne deüst, ib.1206 . Doner autrui bien, ce est nostre debonairetez ;estre osez de mal faire, ce est nostre vertus, brun,latini, Trésor, p. 5»2. En oevrees aiitretant, commeen parole, osée, La foie et la sage, dans jubinal,t. ii, p. 78. || xv* s. Henry de Percy, je ne cuidoie mieque vous fussiez si grand en Angleterre, que vousosissiez faire fermer les portes.... à l’encontre duduc de Lancastre, froiss. ii, ii, »»9. || xvi* s. Il feitfaire defense à ceulx de la ville, que nul ne fust siozé ne si hardy que d’approcher des murailles,amyot, Marcel. »•. Il n’osoit ny boire ny mangeravec personne de la ville, ny ne s’osoit trouver èscompagnies pour deviser, id. Nicias , 8. Tous cespetits succez eschauflerent le prince de Condé, et luifirent ozer le siégé de Brouage , d’aub. Hist. ii, 437.
— ÉTYM . Berry, otiser; provenç. ausar; espagu.osar; portug . ousar; ital. ausare, osare ; du supinausum, de audere (voy. audace). Le participe latinausus avait donné à l’ancienne langue l’adjectif os,ose, qui avait le sens de osé.
OSERAIE (o-ze-rê), s. f. Lieu planté d’osiers.
— hist. xiv* s. Le courtil, ensemble l’ozeri de laditte maison, contenant environ un arpent, ducange, ozillarium. || xvi* s. Qu’aux lieux bas soientestangs, saussaies, peuplaies, tremblaies, aunaies,ozeraies et semblables bois aquatiques, o. de ser-res, »6. Vignes, prez, jardins, saulsois, ozerois,Coust. génér. 1. 1 , p. 529 .
— ÉTYM . Osier, et la terminaison aie qui répondà la terminaison latine elum; par exemple : sali-cetum, saussaie, etc. Berry, ouserie ; bas-lat. osariæ,et ausariæ, ix* siècle, dans le Polyptiqued’Irminon,
GUÉRARD, I, 733.
f OSEUR (ô-zeur), s. m. Celui qui ose, qui tentequelque chose de hardi, surtout dans la composi-tion littéraire et artistique. Métier d’auteur, métierd’oseur, beaumarch.
— HIST. xvi* s. Oseur, cotgràve.
OSIER (ô-zié; l’rnese prononce et ne se lie ja-mais ; au pluriel, l’a se lie : des ô-zié-z en fleur),
s. m. || 1° Arbrisseau dont les jets sont très-pliants.Au lieu d’opposer au torrent l’inflexibilité de la ro-che, elle ne lui oppose que la souplesse de l’osier,bonnet, Ess. psychol. ch. 74. || 2° Jet de cet arbris-seau. On coupe les osiers vers le »» novembre,quand la feuille est tombée, après les premièresgelées, genlis, Maison rust. t. u, p. 506, danspougens. || Familièrement. Etre pliant comme del’osier, avoir l’esprit souple. || Fig. Il [Villeroy]sut.... se maintenir en osier de cour dans les contre-temps qu’il essuya, st-sim. ch. 392, 62. || Être franccomme l’osier, être sincère, sans finesse et sans dis-simulation, être accommodant; loculion qui vient dece que l’osier n’a pas de nœuds. Il a l’âme fort noble,oui je vous en assure ; Il est franc comme osier,boisrobert, Belle plaideuse, iv, ».|| Ces jets sontemployés à différents objets. Un panier, une hotte,un mannequin d’osier. Hier à la croix du Trahoir futrompu, avec toutes les solennités requises, un corpsd’osier à la place du vrai corps qui est mort dans lefort l’Évêque où il était prisonnier, gui patin, Lett.
t. ii, p. » 99. || L’osier sert à faire des liens pour atta-cher la vigne, les plantes; il sert principalement àattacher les deux bouts des cercles ; pour cela on sesert d’osier fendu. Une botte d’osier. Pour la van-nerie on se sert ordinairement d’osier pelé, c’est-à-dire écorcé. || 3” En botanique, osier, nom donnéà plusieurs espèces du genre saule : osier blanc,salix viminalis, Linné ; osier jaune, ou amarinier,salix vitellina, Linné ; osier rouge, ou verdiau, salixpurpurea, Linné; osier brun, salix triandra, Linné .|| 4“ Terme l’horticulture. Tête d’osier, se dit de laforme d’un arbre qu’on a étêté, autrement dit têtard,de manière à former une espèce de boule. || B* Osierfleuri, osier Saint-Antoine, l’épilobe à feuilles étroi-tes, epilobium angustifolium, L.; epilobium spi-catum, Lamk.
— HIST. xiii* s. Par les rains [rameaux] saisi lerosier, Qui plus est frans que nul osier, la Rose,2 » 992 . Issi sui com l’osiere franche, Ou com li oi-siaus seur la branche ; En esté chante, En y verplore et me gaimante [lamente], ruteb. 26. || xv* s.À parler franc comme ung osier, coquill. Plaid,la simple et la rusée. Le suppliant alloit pour levercertains bourignons ou engins d’ouzilz à prendrepoissons, du cangr, oseria. Le suppliant bâtit etfrappa sa ditte femme de verges ou ouriel, id. ose-rius. || xvi* s. Après, la vigne sera reliée avec desoziers dous et flexibles, o. de serbes, »90. Il y a