OPERA PHILOLOGICA. 275
coup d’amitié Se de refpect pour Sa Majesié, & veut que tout se fastepar les bonnes voyes, pour la sureté de l’Angleterre & le bien de faMaison. Nous attendons ici Milord Halifax tous les jours. C’est un Sei-gneur dont tout le monde reconnoit le mérite , Sc Madame f Elettricesera bien a ile de lui parler.
Mr. de Spanheim me mande que vous étes enfin arrivò. Je crois quevous l’avez vu un yeu tard. 11 dir que le premier Teme de fon ouvragedes médailles est achevé, & que Mr . Muliga a mis sous la preste les Pro-legomeni de fon nouveau 1 estament.
J’ai reyu les Nummos 4vglo- Saxonicos de Mr. le Chevalier Fountain.
Mr. Jaquelot me mande qu’il a achevé la repente à Mr. Bayle-, je voisque cet excellent homme est a usti aux prifes maintenant avec Mrs. Le ClercSc Bernard ; je voudrois qu’on le moderar de pàrt 8 c d’autre, Se qu’onfinir la querelle au plutor.
Le vrai moyen de farne écrire utilement Mr. Bayle, ce feroit de latta-quer ( en apparence) lorfqu’il écrit des bonnes chofes Se vraies ; car ceferoit le moyen de le piquer pour continuer. Au lieu qu’il ne faudroitpoint l’attaquer quand il en dir des mauvaiies , car cela l’engagera à endire d’autres austi mauvaifes pour foutenir les premiéres, ne perpluant.
On m’a parie du plaifant livre de Mr .DodurelT, il faut lui pardonnerfes erreurs en faveur de fon érudition.
La préexistence de fame de Jéfus- Christ de Mr. l’Evéque Fuller meparoit un dogme astèz extraordinaire. Mr. Mercurius van■ Helmont croyoitque farne de Jéfus-Christ étoit celle d ’Adam, Se que YAdam nouveaureparant ce que le premier avoit gare, c’étoit le méme perfonnage quifatisfaifoit à fon ancienne dette. Je crois qu’on fait bien de s’épargner lapeine de refuter de tel les penfées.
Je n’ai pas vìi le Sermon de Mr .Hodely, vous fgavez mon tentimenesur ce qui est du aux Souverains : Il ne faut point confondre l’Eglise Scla Nation. L’Eglife en elle-méme doit une obéistànce passive: le Rógnede Jéfus-Christ n’est pas de ce monde ; mais les nations ne lont pasobligées de se lailfer ruiner par le caprice Sc la méchanceté d’un feul.Cependant il ne faut point venir à la réfistance que lorfque les chosesfont veniies à des grandes extrémités.
La mort de Mr. Locke m’a óté l’envie de publier mes remarques sur fesouvrages ; j’aime mieux publier maintenant mes penfées indépendamment deceux d’un autre. Peut étre que Milady Masham m’envoyera fon ouvrage.
J’ai lù le livre de Madlle. Trotter. Dans la dédicace elle exhorte Mr.Locke à donner des démonstrations de morale. Je crois qu’il auroit eude la peine à y réiissir. L’art de démontrer n’étoit pas fon fait. Je tiensque nous nous appercevons fouvent fans raifonnement de ce qui est justeSc injuste, comine nous nous appercevons fans raifon de quelques theo-rémes de Geometrie ; mais il est toujours bon de venir à la démonstration.
Tom. VI. Mm Justi-