OPERA PHILOLOGICA. 289
Nótre Cour est maintenant au pays de Lunebourg pour joui'r de 1 »chasse. Madame l’Electrice se fouvient toujours de vous fort gracieuse-ment. Pour moi je tuia &c. Hanover ce 18. £ Ottobre 1712.
LETTRE XVIII.
J E vois par l’honneur de vos lettres que j’ai reipies fous le couvert deMadame l’Electrice, que vous me croyez à Danovtr, mais je suis àVienne depuis le commencement de celie année : l’Empereur m’ayantdonne la piace de Conseiller esseòlif dans le Conseil Imperiai Aulique,qui est un des suprémes Tribunaux de l'Empire. Sa Majeité Imperiale mefait beaucoup d’autres graces. Maintenant je pense à partir pour ietournerà Hanover, maù je n’ai point voulu attendre ce tems-là pour vous ré-pondre. Madame l’Electrice m’a fait aulir la grane de m’envoyer votrelettre pour Elle, &c j’étois justement en compagnie de Mr. le Comte deGdlas (qui va Ambassadeur à Rome) quand je la re^us. Je vois austìlouvent Mr. le Comte, de Sinzendorf , Chancelier de la Cour, qui a étépremier Plénipotentiaire de l’Empereur pour les Traités d’Utrecht , quim’a dit une chose curieuse en matiére de lettres, que Mr. l’Abbé de Po-lignac , maintenant Cardinal , a fait un Poéme Latin fort beati en versliéroìques sur la nature , à la fajon de Lucrcce , mais fur des principesopposés à ceux de cet Auteur, òc par conse'quent fur les vrais principesde la Divinile. Je voudrois qu’on le publiât bientót ; Le je lerai bien aisede voir austì la Création de Mr. le Chevalier Blackmore , dont vous meparlez. Mr. le Comte de Sinzendorf a regu plusieurs jolis livres deHollande, entr’autres un grand Dictionnaire pour les antiquités Grec-ques & Romaines. 11 ferì d’introduction aux trésors publiés par Gra-vius & Gronovius. On a publié un grand & excellent Livre en Alle-mand, intitolò Reichs - Archi/ , dans lequel sont une infinite de piéces surles affaires publiques, lur-tout de l’Empire, ce sont plusieurs volume*in folio.
Votre Parlement a fini fui la bonne bouche, par les adrelîès que lesdeux Chambres ont présentées à la Reine au fujet de l’e'loignement du Pré-tendant : cela netoit pas mal pense. Que dit - on en Angleterre de la fer-merò de l’Empereur? on s’est fort trompé de le croire Prince à recevoirdes leix. Je ne sfai si les Francois prendront Landau ; mais s’ils prennentcetre place', (parce que l’Empire trompé par fes amis n’a pas pu se met-ire à tems en état de repouster l’ennemi ) je crois austì que c’est tout cequ’ils pourront faire ; & la réputation de l’Empire vaut mieux que dixLandaus. On les déste d’aller plus avant, & ce ne sera pas Landau seulqu’ils nous rendront. L’Electeur de Brunsvic lui lèul a envoyé dix- huitmille hommes à l’armée de l’Empire. Si tout est venu à tems, le Princede Savoye passera bientót le Rhin à Mayence. L’EleóIeur ne peut mieuxTo?n. VI. O o nègo-