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point de raison , elle ne sait que des hérétiques.
CLXVI. Monseigneur le Duc de Zeli ayant eu la générosité de consentirLc de contribuer à l’EleHorat de son fr ór e pour le bien de la maison , Lcpar l’affection qu’il lui porte , certe grande action mériteroit une medaille.On en pourroit sdire une , qui porteroit l’image de S. A. S. Se au reversCastor & Pollux , tous deux k cheval auprès d’un tempie, comme ils fontreprésentés dans les antiquités Grecques Se Romaines , avec ce mot : Im-mortalis uterque. L’on sait que dans les fables Pollux , qui étoit Paine desdeux fréres, nés de Jupiter Se de Leda , devoit seul étre Dieu , mais ilaima tant son frére , qu’il voulut plutot quitter le Ciel , ce qui portaJupiter à les taire Dieux tous deux. J’ai sait cetre épigramme là-dessus:Pollux sait tout ceder à l’amour de fon frére ,
Jusques k la divinile,
La gioire toutefois Se Jupiter leur Pére ,
Font jouir tous les deux de l’immortalité.
Cetre dévise pourroit encore servir d’une medaille de l’Electeur; ce quiles feroit plus rechercher toutes deux. Encore sur celle de Monseigneurle Due , gardant la méme figure , pourroit étre mis un autre mot , quilui feroit particulier , Se qui diroit par exemple : Fraterno favit honori .L’un de ces deux mots contribueroit à Pexplication de l’autre.
CLXVII. Il n’y a rien qui foit absolument en nòtre pouvoir ; mais iln’y a rien qui le foit plus que nos propres pensées ; Se c’est pour cela mémeque nous en devons rendre compre plus que de tonte autre chose. C’est unparadoxe auprès des hommes , qui ont coutume de dire , qu'on rìejì pointresponsable des pensées , mais cela ne se doit entendre que devant eux. Etnéanmoins les juges mémes ne punissent que les pensées dans les actions.Nous sommes faits pour penser. 11 n est point nécessaire de vivre , maisil est nécessaire de penser , Se nos pensées nous suivront au - delà de lamort. 11 est vrai que nous penserons éternellement , mais il n’est pas moinsvrai , que nos pensées futures font une conféquence des pensées présentes. Cetreconfidération nous doit porter à rectifier Se k persectionner nos penséesprésentes autant qu’il est possible ; non pas qu’il salile negliger d’agir ,au contraire on ne pense jamais mieux , que lorsqu’on pense à ce qu’on sait.Cependant il y a certaines grandes Se importantes pensées à régler , quise répandent sur toutes nos aólions. On n’y sauroit penser avec trop d’at-tention , Se c’est ce qu’on appelle la véritable Fhilofophie. Il faut a vollerque les hommes ont, sait des progrès considérables depuis peu ; mais il mesemble , qu’on s’est arrété en bean esternin , quoiqu’il y ait assez d’ouver-tures pour aster plus loin. Les anciens Se les modernes , sur- tour de notrefiécle , ont sait plusieurs réflexions grandes Se belles , mais hors ce qu 'A-ristote avoit mis en système , elles n’avoient pas assez d’enchainement. Unexcellent stonarne de ce fiécle ( Descartes ) en a sait une nouvelle liaisonavec ce qu’il y a ajouté du sten, mais une ambition démesurée de se taire
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