OPERA PHILOLOGICA. 329
chef de Secte » l’a porté à fermer cerre chaine , & à taire une maniere dedature, qui est cause, que ses sectateurs ne font prefque que tournee turune méme circonférence. Et on peut juger , que cette haye n’a pù fefairequ’aux dépens de la vérité.
CLXV 1 II. Meric Casaubon a publié le livre de Monfieur Dee , fameuxMathématicien Anglois , & y a ajouté une très belle préface Angloife ,qui mériteroit d’étre traduite autant que le livre méme. C’est un journaldes Entretiens , que Monfieur Dee a eu avec des esprits , où l’on apprendplusieurs choses curieufes de ses ouvrages, Se d’autres choses semblables.Mais on y reconnoit aisément , que Mr. Dee s’est laifle tromper par Kellaus.
CLX 1 X. Il seroit bon de taire une bìbliothéque des Auteurs qui ont écritfur differentes matiéres , à Fexemple de la Bibliothéque des Péres , qu’ona taire en trance; comme une Bibliothéque poètique , des choses qui re-gardent la chymie, l’oeconomie Le autres. On y pourroit insérer les poésiesd 'Augurellus , le poéme de Sammarthain de l’éducation des enfans , la Cal-lipedie de l’Àbbé Quillet , Se semblables.
CLXX. Le fameux Juif Spinosa avoit un teint olivâtre » 8e quelquechete d’Espagnol dans fon visage ; ausfi étoit-il originaire de ce pays-là.Il étoit philosophe de proseffion , Se menoit une vie tranquille Se privée,paflant sa vie à polir des verres , à taire des lunettes d’aproche Se des mi-croscopes. Je lui écrivis une sois une lettre touebant lOptique , que Fon ainsérée dans ses oeuvres.
CLXXI. Il me paroit, que tout ce que Fon a dit des Fréres de la Croixde la Rose , est une pure invention de quelque personne ingénieuse. J’aivu un traité Allemand , intitulé Les Noces Chymiques , ( Chymische Hoch-zeit ) qui commenda à paroitre dans ce tems-là , dans lequel FAuteursemble du premier abord avoir dit des choses merveilleuses , mais quidans le fond ne font qu’un Roman, où Fon fronde les secreta des Chy-mistes. J’y ai moi- méme déchiffré une énigme , qui est véritablement leproblème de FAlgebre , dont le mot n’étoit que celui-ci : Alchymia. Ilest donc inutile d’y chercher les lècrets de la pietre philofophale. Car envérité les Adeptes ressemblent aux Saints deS Catholiques , qu’on vanted’avoir fait tant de miracles.
CLXXII. Je crois que tout ce que Fon a de Monfieur Digby a été com-pose par T homas Anglus. Digby étoit un Chymiste excellent Se très expé-rimenté dans les choses naturelles, Se il communiquoit ses pensées à Tho-mas Anglus ; Se celui-ci étoit plutòt philosophe, qui polistoit les ouvra-ges de celui-là.
CLXXII I. Monfieur Huet , Evéque d’Avranches , pofledoit le manus-crit de FAstrologie de Ve£lii Valentis , qui avoit pour titre , AvSoxóyix» , Sedont nous n’avons que quelques fragmens. On trouve dans les bibliothé-ques de Paris plusieurs traités grecs de mathématique , que les Bibliothé-caires n’entendent point , sauté de favole le grec , ou les mathématiques.Tom. VI. T t On