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Pape , lequel iis s’imaginent èrre immortel. Le Prince Calmale qui l’adéfait , est appellé Boefioecktichan , lequel a été ensuite chaste par sonconfin Erepta Chxn. Ainsi cesTartares l'ont entr’eux en continuelle guerre& émotion ; sans quoi ils seroient capables d’inonder une grande pariledu Monde.
Les Abystìns haìstent beaucoup les Péres Jésuites , Lc je ne crois pasqu’ils ayenc desl'ein d’y aller; mais il est vrai, que l’Evéque d’Ancyre,qui est palle par ces Pays pour aller en Perse par la Moscovie, a com-miffìnn d’aller en qualité d’Ambastadeur du Pape en Abyifinie, ainsi qu’ilme sa dit lui-méme, sans vouloir me donner des lurméres astèz clairesde la route & des lieux de fon voyage. Cependant nòtre compagnie aexpédié de Batavia deux perlonnes avec leur train, en qualité d’Ènvoyésou d’Agens de la Religion Evangelique, pour ce méme Pays des Abyt-sins, lefquels y doivent èrre à préiènt, en cas que l’accès ou paflage li-bre leur aie été permis ; dont j’elpère de recevoir des nouvelles par nosvailleaux, qui viendront cet Eté.
Mes amis de Mescon? m’écrivent d’avoir regu quelques autres OraisonsDominicales, mais qua cause des troubles passés & de plusieurs autresaffaires, ils n’avoient pas eu du tems pour les fatte copier. J’espére néan-moins que je les recevrai bien-tót pour vous en fatte pari.
d. 5. Jul. 1699.
Suivant ma premeste, je vous envoye trois nouvelles Oraisons Domi-ni,ales, que j’ai re$ués ; dont fune est en langue Ctremijfe , & les deuxautres en langue Samojede , toutes deux differentes de celle que je vousai ci-devant envoyée, & differentes austi entr’elles , parce que le paysdes Sxmojedes est fon ctendu , & que les Nations qu’il renferme dans levoisintge de la mer, ont un different langage: 8c vous verte? dans maCtrte, en quel endroit sont situés les pays de ces deux Nations, dontle titre est au haut des Oraisons Dominicales.
A l’occasion, Monsieur , de ce que vous dbes d’une certame coutumeMoscovite, qui sent un peu la Scythique , je ne peux me dispenser devous dire, que je me souviens d’avoir été en un certain lieu, qui n’eftpas loin de la Ville de Novogorod en Moscovie, où je rencontrai une Mon-tagne appellée Cholobgora , c’est-à-dire Montagne des Efclaves , Lc aupied de cetre montagne une perite rivière, appellée Cholobreca , ou Rivieredes Efclaves. Et lors que je m’informai de la radon &c origine de cenom , les gens du pays me racontérent qu’autresois les hommes de celieu écoient fortis pour aller taire la guerre en des Pays fori éloignés,& qu’après une longue abscnee, les femmes ayant contracté amiiié avecles Efclaves ou Valets de leurs maris , tâchérent de /opposer à 1 entréede ceux-ci, lors qu’ils retournérent dans le pays ; mais que les marisavoient battu & chassé ces valets, sans se servir d’autres armes que de
leurs