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éléves : mais comme il a d’autres emplois honorables, il a fait difficultéde se donner cette peine, alléguant , que 1’art ne se peut point reduireen régles ; Sc quii faudroit des jeunes gens, qui eussent en méme temps dugenie Se de l’asiiduité, ce qu’il est rate de trouver. Je lui ai répondu,que j’avoue qu’il n’y a point de régles generales dans cet art, mais quele moyen deostruire un jeune stonarne capable, scroit de le mener parles exemples , Se de lui montrer dans un bon nombre d’écrits déja ré-solus, par quelles voyes ou maniéres on est venu à bout de les déchi-frer. Cela suffiroit à ouvrir l’esprit à un jeune éléve pénétrant, Sc à em-pécher que ces belles découvertes ne se perdent. Je lui ai remontré enméme temps, que non seulement sa gioire y est intéressée, Sc qu’il s’im-mortaliseroit par-là, mais austi qu’il y a de l’obligation à ne point laisterperdre ce qui est si utile. Il s’est rendu à n es raisons ; mais il doute,qu’on trouve des jeunes gens qui veuillent se donner cette peine, Sc quien méme temps y soient propres. Ma pensée est, qu’il faudroit que quel-que grand Eritree sît ebollir Sc instruite dans cet art quelque jeunestornine, dont il se put servir dans la suite, parce que c’est une afFaireassez importante pour les Princes. Nos cours ne songent pas trop à ceschoses, Sc la vótre m’est venne dans l’esprit. 11 faudroit quelque jeunestornine d’un naturel porté à l’assiduité & aux cstisres, Sc qui ne manquâtpas en méme temps d’érudition (car il faudroit tout cela pour un telempio! ) : Si on n’en rencontroit pas à préfent, je pourrois proposer unstornine excellent , & cela ne seroit pas d’un petit secours ni d’un petitornement dans une cour, pour déchisrer des lettres interceptées , foitpour nous, foit pour nos amis Sc alliés. L’on sgait qu’il n’est pas posiìblede tout déchisrer : Mais la plupart des cstisres, dont on use ordinaire-ment, foni déchifrables, pourvu que la lettre à déchisrer ne foit pas tropcourte. Tout ce que j’ai vu Sc entendu de Mr. Block , me fait juger quec’est un stonitele stonarne, qui mérite d’étre favorite. Je vous supplie aureste de vous souvenir i ) du gargon ouvrier parent de Mr. Brenner, 2)de ce garcon qui peut faste des grands calculs de fa tète , Sc j ) deslettres de Cyrille Lucuris au Chancelier Axel Oxenjìiern. Je n’ai rien en-core appris de Mr. Seke , mais je continuerai de m’informer. Le Czarn’ayant fait avec les Turcs qu’une tréve de deux ans , cela joint à ceque Mr. IFitsen m’a écrit, me fait espérer que son destein n’est pas con-tro la Suède, mais plutot contre les infidéles. Mais votre grande Am-bastade en sera mieux éclaircie. Mr. Witsen me mande que la dentièreCaravane des Moscovites, revenué de Pestin depuis peu , a apporté pournouvelle que l’Empereur de la Chine est mort, & que fon fìls lui a suc-cede , mais non pas sans de grands troubles ; j’ai mandé cela à colui quia soin des mistìons de France; ce Pére est allarmé; mais j’espére encorque la nouvelle pourra otre fauste, celles des Moscovites étant sujettesà camion. Hanover ce 7. Avvii 1699.
HERMAN NI