DE TURENNE, LIVRE II. n 3 _
chant de la ville, il sçut qu’il y avoir de l’autre côté du An. 1644.Rhin mille Dragons de l’armée de Bavière commandés parle Colonel îolls, qui demandoient des batteaux pour yentrer : il menaça d’attaquer la Place de tous côtés, si l’onne mandoit promptement aux troupes Bavaroises de se re-tirer. Les Chanoines obéirent fur le champ, firent retirer lesDragons de Bavière , àc envoyerent des députés au Camppour capituler. Le Vicomte le manda auíli-tôt au Duc d’En-guien, qui partit de Philiíbourg avec une escorte de quatrecens chevaux , se rendit en un jour & demi à Mayence, ôcsigna la capitulation : le Chapitre s’obligea de plus de fairesortir la garnison qu’il tenoit dans Bingen, &c d’y recevoirdes troupes Françoises. Le Prince laistà une garnison dequatre cens hommes dans Mayence , avec tout ce quietoit nécestàire pour réparer les anciennes fortifications ôcen faire de nouvelles ; ôc voulant se rendre maître de toutle Palatinat en-deçà du Rhin avant la fin de la campagne,il détacha le Marquis d’Aumont pour aller investir Landauavec douze cens hommes de pied & quinze cens chevaux.
Cette ville située dans une plaine, n’étoit fortifiée alors Le vicomteque d’une muraille flanquée de tours avec des demi-lunes, dau.un bon fossé & un chemin couvert : elle étoit défendue parquatre cens hommes de troupes Lorraines. Pendant queci Aumont prenoit ses quartiers , & commençoit ses tra-vaux devant Landau , le Duc d’Enguienvint rejoindre sonarmee a Philiíbourg, pour être plus à portée du siège qu’ilfaifoit entreprendre. Il apprit en y arrivant que la tranchéeTerne /. p