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Tome premier.
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DE TURENNE, LIVRE II. m* __

ainsi séparés, ii ne cessa de représenter aux'Officiers qu’ils An.ió 45 .étoient dans un pays dont ils dévoient regarder les habitanscomme autant d’ennemis ; qu'il pouvoit être trompe parles espions, naturellement mieux intentionnés pour leurnation que pour des étrangers qui venoient les ruiner > quel’armée ennemie qui avoir marche avec tant de précipita-tion vers la Bavière, y trouveroit de nouvelles troupestoutes fraîches ; qu ayant des retraittes libres, elle pourroitrevenir les surprendre ; qu'il étoit beaucoup plus fur de setenir assemblés , & qu’il íalloit se contenter d'envoyer degros détachemens chercher des sourages aux environs. LesOfficiers répondirent que ce seroit encore un nouveaumoyen d’achever la ruine des chevaux Lc des hommes ;qu'un grand nombre de leurs Cavaliers etoient démontés ;qu’ils trouveroient des chevaux à acheter dans les dissérênslieux où ils iroient ; que les ennemis etoient éloignés aumoins de seize lieuës,Le ne pouvoient Rapprocher sans qu’onn’en fût instruit. Le Major Général Rofen se joignit auxOfficiers pour le presser de céder à leurs avis : le Maréchalde Turenne résista de nouveau ; mais enfin la crainte defaire trop souffrir la Cavalerie , le désir qu’il avoit de lavoir promptement rétablie , & l’éloignement de l’ennemí1 g déterminèrent à se rendre a cje si vives sollicitations. Ce-pendant pour ne point s’exposer aux surprises de la partdes Bavarois, & ne rien hazarder fans avoir pris toutes lesprécautions imaginables, il donna à quelques Officiersplusieurs détachemens de Cavalerie pour aller en dissérêns-