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Tome premier.
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139
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DE TURENNE, LIVRE II. 139

leur faire sentir leur faute, Lc les ramener a leur devoir sansemployer la sévérité : bailleurs, ayant besoin de ces Alle-mands pour le succès d’une grande entreprise qu’il méditoit,il crut que son indulgence les piqueroit d’honneur, & lesengageroit a embrader la premiere occasion d’expier leurfaute : il jugea sainement ; &c sa clémence eut tout l’effetqu il s’étoit proposé qu’il pouvoit esperer.

L’entreprise qu’il méditoit pour finir glorieusement uneCampagne jusqu’alors équivoque, étoit le rétablissement del’Electeur de Trêves. Il y avoir plus de douze ans que cePrince étoit dépouillé de ses Etats, à cause de son allianceavec la France. Le Duc de Longue ville Plénipotentiaire aMunster avoir signifié à l’ouverture du Congrès, que puis-que la guerre avoir été déclarée au sujet de cet Electeur ,on n’écouteroit aucune proposition de paix , que ce Princene fût mis en pleine liberté. Sur cette instance l’Electeursortit de prison ; mais on ne lui restitua point ses Etats. LeVicomte de Turenne crut que rien n’honoreroit tant laRégence, que le rétablissement d’un allié si fidele. Quoiqu e-loigné de plus de quarante lieues de Trêves, il marcha pen-dant un froid très-rigoureux vers cette ville , dont il avoirappris que la garnison Espagnole étoit peu nombreuse : illaissa quelques troupes pour garder les passages du Rhin Scles bagages de l’armée , & ne mena avec lui que très-peudlníanterie, pour fiiire plus de diligence ; comptant furquelques bataillons de l’armée du Duc d’Enguien, qui,avecla permission de la Cour, vinrent de Metz, d’ou l’on des»

Sij

An. i 645,

Le Vicomterétablit TE-lecteur deTrêves dansses Etats.