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Tome premier.
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DE TURENNE, LIVRE II. iíi ■

eette démarche nécessaire, dans nne conjoncture si décisive An. i 647.pour les intérêts de la France. Il se mit donc à leur tête,accompagné de Rosen , qu’il ne perdit pas un instant devûë : il envoya devant lui les Maréchaux des logis pourmarquer les campemens, & fit à son ordinaire toutes lesfonctions de Général, comme s’il n’y avoir point eu de ré-volte ; fans qu’aucun des nouveaux Chefs osât retenir lamoindre ombre d’autorité en fa présence. Il marcha ainsipendant deux jours : le troisième, les Chefs des séditieux ferendirent au quartier général pour lui demander de nou-veau la paye de six mois : il monta dans le moment â che-val , & remontra aux soldats, fans daigner regarder lesChefs rebelles, qu'il ne lui étoit pas possible de payer enentier les six mois ; que, s'ils vouloient repasser le Rhin , illeur en donneroit un, & emploieroit â la Cour tout soncrédit pour leur faire incessamment payer le reste. Tous luidemanderent aussi-tôt s’il vouloit en être caution : dans unesi grande extrémité, un autre pour fe tirer d’embarras,n’auroit pas manqué de promettre ; mais le Vicomte qui nepromettoit jamais que ce qu’il pouvoit tenir , &c qui eût crûfe déshonorer en manquant â fa parole, ne voulut s’enga-ger qu a ce qu’il pouvoit éxecuter , Lc fe contenta de leurrépéter ce qu’il venoit de leur dire. A la mine des Chefs, ils’apperçut que cette réponse n’avoit fait que les aigrir , Lcqu’ils fongeoient â s'assurer de fa personne. Sans paroitredeviner leurs intentions, il conserva fa tranquillité , & re-prenant un air d’autorité qui lui étoit naturel â la tête desTome 1 . X