i<ro HISTOIRE DU VICOMTEán. 1647 . verroit prêtes à déserter & a marcher vers les pays hérédi-taires. Il entretint souvent les Officiers Allemans, les ex-horta à demeurer fideles à la France , &c enfin les ramena. tous , excepté Rosen. Alors les Cavaliers ne voulant plus
obéir à leurs Officiers, se choisirent entre eux des Chefs, 6crésolurent de continuer leur marche. Comme Rosen so-mentoit toujours leur révolte, le Vicomte crut que le seulmoyen de la terminer seroit de le faire arrêter : il en man-qua d’abord l’occasion ; & pour en retrouver une plus favo-rable, prenant le parti de ne plus le quitter, il alla au quar-tier de Rosen. A la nouvelle de son arrivée , les Weyma-riens s’éloignerent un peu * mais ayant appris qu il venoitseul & sans aucunes troupes , ils se rapprochèrent le soirmême. Turenne soupa chez Rosen avec plusieurs Officiersdont il connoissoit la fidélité : la joie régna pendant le re-pas : le Vicomte parut fans dessein , fans ressentiment, 6ccomme n’ayant aucun soupçon de l’infidélité de Rosen.Vers le minuit, il fut averti que les mutins montoient acheval & marchoient du côté du Marquisat de Bade. Ravide voir qu’ils ne prenoient pas la route de Bavière , illaissa ses troupes a l’autre bord du fleuve, 6c se détermina às’en aller avec eux & à ne les point abandonner , jusqu’à cequ’ils sussent arrivés près de Philisbourg, dans un pays ouils seroient loin des villes Impériales, 6c entourés de garni-sons Françoises. Le projet étoit hardi : mais assuré des Offi-ciers qui avoient servi long-tems fous lui, 6c persuadé queles soldats qui l’aimoientjixspeéteroient sa personne, il jugea
cette