DE TURENNE, LIVRE III. 187
N’imaginant plus d’expédiais , il voulut s’emparer des ga- An. 1647 »ges de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides 6cdu Grand Conseil, qui s’unirent au Parlement, pour enporter leurs plaintes à la Cour. Ce dernier Tribunal donnale célébré Arrêt d'union, par lequel il fut ordonné que lesquatre Compagnies supérieures s’assembleroient à la Cham-bre de S. Louis, pour y délibérer fur le bien de l’Etat. CetArrêt sut un signal aux mécontens de toutes les conditions,de se rallier, d’exposer leurs griefs au Parlement, & d’en de-mander la réparation. Chacun déclama contre les éxactionsviolentes , la vente des biens, l’emprisonnement des per-sonnes , l’éxorbitance des tailles, 6c l’opprefïìon généralede tous les sujets du Roi. Les Membres du Parlement tou-chés des miseres publiques, reçurent les supplications desmalheureux, offrirent de leur faire rendre justice, 6c acqui-rent la bienveillance du peuple, qui les regarda commeses Dieux tutélaires, 6c comme les protecteurs du pauvre 6cde l’orphelin. Il y avoir cependant trois partis dans le Par-lement ; les Frondeurs, qui s’opposoient à la Cour ; les Ma-rtins , qui vouloient soutenir l’autorité du Ministère ; 6cles Modérés, qui blâmoient l’emportement des uns 6c lesexces des autres. De plus dans chacun de ces trois partis, ily en avoir qui se conduisoient par des motifs dilférens :les uns sensibles aux calamités présentes ne songeoientqu a les faire cesser : les autres , par conscience 6c paramour de la patrie , croyoient la conservation de l’auto-rité Royale absolument nécessaire pour le repos de l’Etat :
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