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Tome premier.
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An. i 649.

Origine desmésintelli-gences entrefe CardinalMazarin &le Prince deCondéo

Lvs HISTOIRE DU VICOMTECardinal résolu de tout dissimuler , le fit parfaitement bienrecevoir. Telle sut la fin de la premiere guerre de Paris saucun des deux partis 11’obtint ce qu’il s’étoit proposé : leCardinal & le Parlement conservèrent toute leur autoritésl’un à la Cour, l’autre sur le peuple.

( 1 ) Le feu de la guerre civile, loin d etre éteint par cettepaix, étoit prêta se rallumer-par la mésintelligence surve-nue entre le Prince de Con dé & le Cardinal Mazarin. Com-me le Ministre avoit recueilli le fruit des exploits ôc de laprotection du Prince, Mazarin,étoit fans cesse exposé auxdemandes , aux plaintes Se aux menaces de Condé. Les pe-tits services flattent, les grands accablent ; ils donnent tropde droit fur celui qui les a reçus ; telle est la fausse délica-tesse de l’amour propre. Lareconnoissance se soutient moinsparla grandeur du bienfait, que par les sentimens qu’on aconçus pour le bienfaicteur. L’aliénation du Prince ôc duMinistre augmentoit tous les jours : mais le refus des Chargesque le Prince demandoit ne fut point la cause de leur rupture.Si Condé souhaitoit des grâces., il desiroit encore plus deles mériter. Ayant éprouvé des contradictions perpétuelles,il fit en public des railleries sanglantes de Mazarin, dont lesressentimens.étoient d’autant plus vifs qu'il les cachoitavecfoin. Le Cardinal fit plusieurs efforts pour l’adoucir: voyantenfin qu’il ne pouvoir fe flatter d’obtenir son amitié, il ré-solut de travailler a le perdre. Pendant qu’il leblouissoit parl’espérance de nouveaux.établissemens, il tâcha de gagner

( 1 ) Voyez Labttrdtus di Bello civili , & Priolo.

les