DE TURENNE, LIVRE III.leurs effets dans le Château. Les Espagnols y porterent tou,tes leurs forces, ôc après avoir fait jouer une mine , cru-rent pouvoir donner l’affaut > mais les débris des muraillesrendirent le lieu , 'qui étoit escarpé, encore plus inacceííì-ble. Dans cet intervalle, le Maréchal du Pleíhs-Praflin ,nommé Général de l'armée Françoise par le Roi qui étoitvenu â Compiégne, fe plaça entre Landrecies ôc le Campdes aífiégeans, pour leur couper les vivres, ôc leur enlevaun convoi très considérable. Les chemins étoient rompuspar l’abondance des pluies ; ôc les Espagnols , faute de che-vaux , ne pouvant rien faire venir dans leur Camp, la di-sette y devint íì grande , qu’ils furent contraints de leverle siège , ôc de chercher â subsister du côté de la Capelle.L’Archiduc ôc le Vicomte assiégèrent cette Place vers lecommencement d’Août : ils la prirent en dix jours, ôc paf.ferent la riviere d’Oife.
Turenne vouloir aller droit â Paris ; ôc n’ayant pu y dé-terminer les Espagnols, il s’approcha de Vervins avec undétachement de deux mille chevaux, pour observer l’arméedu Roi qui étoit â Marie. Bientôt, maître de tout le pays,P ar la retraite du Maréchal du Pleílìs-Praflin, qui s’étoitretranché derriere les marais de Notre Dame de Liesse,il s empara de Rhétel, de Château-Porcien ôc de Neufcha-tel. Laissant alors, auprès de cette derniere ville, le Corps de1 armee Espagnole, qui de nouveau refufoit de le suivre , ilpaífa la riviere d’Aîné â la tête de trois mille chevaux ôc de
cinq cent Mousquetaires, ôc marcha vers Paris. Le MarquisTome L D d -
An. 1650.
II entre enFrance pourdélivrer lesPrinces,