Band 
Tome premier.
Seite
243
JPEG-Download
 

DE TURENNE, LIVRE III. 2.43 _

de les venir joindre entre Ozouer ôc Blêneau, où il croyoit An. 1652Vdevoir se poster pour couvrir Gien. Il marcha sans guidepar une nuit obscure, vit deux ou trois quartiers du Ma-réchal d’Hocquincourt tout en feu, s écriant à cette vûë, 7- Avril.

Le Prince de Coudé ejì arrivé , ( i ) continua fa route toujours

dans la crainte de rencontrer a chaque pas les troupes en-nemies , ôc arriva à la pointe du jour dans une grande plai-ne où fa Cavalerie le vint joindre. Condé venoit d’enlev-erau Maréchal cinq quartiers l’un après l'autre, de piller tousJes bagages, de forcer l’Infanterie à se renfermer dans Blê-neau, ôc de pousser la Cavalerie trois ou quatre lieues versla Bourgogne. La nouvelle de cette déroute jetta la Courdans une si grande consternation, Hue fur le champ ondélibéra d’emmener le Roi à Bourges, ôc de rompre lepont de Gien dès qu’ii auroit passé la Loire.

Le Vicomte,qui jugeoit que le Prince de Condé viendroitbientôt l’attaquer, cherchoit quelque poste avantageuxpour l’arrêter seulement un jour , ôc pour donner le temsau Maréchal d’Hocquincourt de rassembler ses troupes dis-persées. Tous les Officiers Généraux lui représenterent ledanger qu’il y avoir d’attendre une armée victorieuse avecdes forces st inégales, ôc lui confeillerent de retourner versGien, pour mettre la personne du Roi en sûreté. Le Vicomtefortement occupé en lui même, sans rien répondre a person-ne, donnoit toujours ses ordres pour l’éxécution de son des-sein. ( 1 ) “ Jamais, a-t-il dit depuis, il ne s’est présenté tant

( 1 ) On tient ce trait de feu M. le Duc de la Rochefoucault, alors Princeâe Maríillac.

( 1 ) Mém. MSS. de Piémont d’Ablancourt. Hh ij

Perplexitédu Vicomte.