144 HISTOIRE DU VICOMTEAn. 16 5 1. » de choses affreuses à imagination d’un homme , qu’il» s’en présenta à la mienne. Il n’y avoir pas long-tems que» j’étois raccommodé avec la Cour, & qu’on m’avoit don-» né le commandement de l'armée qui en devoir faire la» sûrete. Pour peu qu’on ait de considération 011 a des en_» nemis & des envieux : j’en avois qui disoient par-tout que» j’avois conservé une liaison secrette avec M. le Prince,» .M. le Cardinal ne le croyoit pas j mais au premier mal-» heur qui me fût arrivé, peut-étre auroit-il eu le mêmeS» soupçon qu’avoient les autres. De plus je connoiffois M.» d’Hocquincourt, qui ne manqueroit pas de dire que je», Pavois exposé ,&c ne Pavois point secouru. Toutes ces pen-» fées étoient affligeantes, & le plus grand mal, c’est que*> M. le Prince venoit a moi le plus fort & victorieux. ( 1 ) «Une si grande agitation ne lui fit point perdre de vûë sonprojet : la veille, en revenant du quartier du Maréchal, ilavoir remarqué une situation favorable ( z ) : il fit doubler lamarche a ses troupes , & gagna le poste qu’il cherchoit,résolu d’y attendre les ennemis. Cependant personne ne serassura : les murmures recommencèrent, ôc les Officiers necroyoient voir de sûreté qua retourner promptement aGien. Le Vicomte fut instruit de cette disposition des es-prits par la Berge Lieutenant de ses Gardes ; Lc alors plus. attentif à ce qu’on lui disoit, il répondit » que c’étoit lui» proposer une foible ressource, dans un danger si pressant*
( 1 ) S. Evremont, éloge de M. de Turenne.
( i ) Mém. MSS. de Fremont d’Ablancourt.