DE TURENNE, LIVRE III. r->r __
fànterie, se retira d’abord du Château de Void â Com- An. j 65 z.merci, delà à saint Mihel, d’où il partit subitement pourgagner Damvilliers dans le Luxembourg. Le Vicomte nejugea pas à propos d’aller plus loin que saint Mihel : il secontenta d’avoir obligé Condé â sortir du Royaume, & nesongea plus qu’â faire rafraîchir son armée, que tant demarches pénibles avoient beaucoup fatiguée. Comme lesEnnemis avoient épuisé le pays de vivres, & que les habi-tans de saint Mihel lui en refusèrent, il fut contraint, pourne pas laisser périr de faim son armée ., de faire entrer parforce l’Infanterie dans leur ville, èc de distribuer la Cava-lerie dans les villages voisins. Ce rafraîchissement étoit né-cessaire aux troupes ; mais elles ne purent en jouir long-tems : le Maréchal de la ferré, â qui les habitans de saintMihel porterent leurs plaintes , fe tint vivement offensé dece que le Vicomte avoir pris par force des quartiers dansune ville de son Gouvernement. Transporté de colere , ilvint de Nanci fur les lieux mêmes, & parla avec aigreurauVicomte, qui tâcha de ladoucir, en lui remontrant que laconservation de l’armée Royale savoir mis dans cette durenécessité : malgré ces raisons, il fallut déloger le lendemain;
& la ferré toujours irrité , suivit les troupes de Turenne âla tete de ses Gardes, Le chargea les traîneurs. Les effets dece ressentiment furent dans la fuite encore plus nuisibles auxintérêts du Roi. ( 1 )
Pendant que le Maréchal alla faire le siège de Ligni, le Le vicomte
( i ) Mém. M S S. du Duc d’Yorck. le-duc
O o ij