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Tome premier.
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DE TU R,E NNE, LIVRE V. 4.1 j"

paríoitavec plaisir, mais fans affectation. Il avoir tous lesjours une table, mais elle étoit modeste ôc frugale : il aimoitâ segayer dans les repas ; il goûtoit alors les plaisanteries,ôc plaifantoit lui-même aster finement, mais toujours avecprudence ôc politesse : peu de gens fçavoient plus de con-tes , ôc racontoient mieux que lui. Il vivoit ainsi â Parisdans une grande simplicité, semblable aux Héros de l’an-cienne Rome, qui ne fe distinguoient par aucun éclat ex-térieur. ( 1 )

Un jeune homme de condition arrivé de Province,qui ne connoissoit pas le Vicomte, frappa un jour son co-cher dans un embarras des rues de Paris : un artisan sortitde fa boutique un bâton â la main, en criant : Comment ,on maltraite amji les gens de Monsieur de T urenne ? A ce nom,îe jeune homme éperdu vint â la portière du carosse ,faire des excuses au Vicomte, qui dit en souriant : Vousuous entendez^fort bien , Monsieur , a châtier les gens j quand lesmiens feront des sottises , trouve ^ bon que je vous les envoyé .U alloit souvent entendre la Messe â pied, ôc de-là fe pro-mener seul fur le rempart , fans. domestiques & fans au-cune marque de distinction. Un jour dans fa promenade,il passa près d’une troupe d’artifans qui joiioient â la bou-le , ôc qui, fans le connoître, l’appellerent pour juger uncoup ; il prit fa canne , & après avoir mesuré les distances,prononça : celui qu’il avoir condamné lui dit des injures ;le Maréchal sourit ; ôc comme il alloit méíurer une fecon-

{ ï ) Hift. MSS. de l’Abbé Raguenet,

Tome L Hhh

An. 1669.

Pliisieurt-traits admi-rables duVi-comte.