Band 
Tome premier.
Seite
481
JPEG-Download
 

DE TURENNE, LIVRE V. 4 ti

craignant d’attirer Ja guerre chez eux. Alors les deux arméesennemies n’ayant plus ni ressources ni courage, se séparè-rent : celle de l’Empereur se retira vers la fin de Mars dansla Franconie, Sc celle de Brandebourg dans la Principautéd’Halberstadt. L’Eleéleur repassa l’Elbe à Magdebourg Sese réfugia a Berlin sa Capitale. Le Vicomte voyant qu’onfuyoit toujours devant lui, Sc qu’il n’avoit plus d’ennemis xcombattre 5 revint dans le pays de la Marck , établit foaquartier général a Soëst, Sc abandonna tous les Etats del'Electeur dans la Westphalie à la discrétion de ses trou-pes : elles y trouvèrent une grande abondance de vivres,mirent tout à contribution Se s’enrichirent.

Le Vicomte fut le seul qui ne profita point des dépouil-les des ennemis , Se marqua pendant toute cette expédi-tion fameuse , un désintéressement égal à sa valeur. UnOfficier General vint un jour lui proposer un moyen degagner quatre cens mille francs en quinze jours, fans quela Cour pût jamais en avoir aucune connoissance ; il lui ré-pondit avec autant de simplicité que de noblesse : Je •vousjuis fort obligé 3 nuis comme f ai souvent trouvé de semblables oc-casions fans en avoir jamais profité , je ne crois pas devoir chan~ger de conduite à mon âge. A peu près dans le même temsles habitans d’une grande ville lui offrirent cent mille écuspourvu qu’il voulut bien se détourner de son chemin, Sc nepoint faire passer ses troupes chez eux, il leur répondit :Comme votre ville nefl point fur la route par où f ai résolu de fairemarcher t armée , je ne puis prendre Ìargent que vous m* offrez*Torse I * p pp

An. 16.73;

Désintcreffèrment du Yfecomte.