! Jln. 1673.
Inquiétudeà la Cour,&critique desCourtisansde la con-duite du Vi-comte.
L’Electeurclc Brande-bourg fait lapaix avec laFrance.
4S2. HISTOIRE DU VICOMTEDans une Íí grande distance, le Vicomte ne pouvoit pasenvoyer régulièrement des couriers en France, Sc la Courfut quelque tems fans recevoir de ses nouvelles : alors lesennemis de fa gloire commencerent à déclamer contre lui -8c répandirent par tout qu’il setoit laissé couper ; que l’ar-mée du Roi étoit perdue, parce qu’on l’avoit engagé mal-á-propos dans un pays fans places 8c fans magazins. Tousles Courtisans murmurèrent ; le Roi-même , qui étoit fortréservé à blâmer ceux contre qui le Public fe déchaînoit -laissa échapper un jour avec inquiétude ces paroles : Je n aiaucune nouvelle du Vicomte de Turenne . On ne fut pas long-tems fans en recevoir, 8c l'on apprit qu’après avoir poussél’Electeur de Brandebourg depuis le Rhin jufqu’à l’Eibe ,il l’avoit réduit â chercher un azile dans fa Capitale : lamédisance fe tut , ôc les ennemis du Vicomte furent con-fondus.
L’Electeur de Brandebourg ne fe croyant pas encorebien en sûreté dans Berlin même , envoya au Vicomte leMarquis d’Efpenfe Beauveau quifervoit dans fes troupes 5pour demander la paix : Turenne dépêcha un couder auRoi, qui lui envoya un plein pouvoir de traitter avecl’Electeur. On convint que Louis XIV. retireroit fes trou-pes des Etats de Brandebourg ; qu’il restitueroit â l’ElecteurWefel 8c les autres villes dépendantes du pays de ClévesSc retenues depuis tant d’années par les Etats Généraux ;que l’Electeur abandonneroit l’alliance des Hollandois,renonceroit à tous les engagemens dans lesquels il étoit