__ 5^4 HISTOIRE DU VICOMTE
An. 1675. q U j fép aro i t sts deux armées * les défilés Sc les bois les em-pêchoientde s’approcher lune de l’autre,fans désavantage& sans danger.
Caractères Les yeux de toute I’Europe étoient fixés fur ces deuxGénéraux^* grands Capitaines, dont les succès alloient décider du fortdes armes du Roi &c de celles de l’Empereur en Allemagne*( 1 ) Tous deux a peu près de même âge, avoient eu la mê-me éducation-, formés par des oncles rivaux, le Prince Mau-rice & le Comte Ernest, ils avoient porté le mousquetavant que de parvenir â aucun grade, Sc acquis par cin-quante années de combats , une expérience consomméedans toutes les parties de l’art militaire ; l’un Sc l’autreavoient reçu du Ciel un esprit supérieur, un jugement so-lide, une ame maîtresse d’elle-même, Sc un sang froid, quidans un Général n’est pas moins néceslàire que la prévoyan-ce Sc la valeur. Capitaines par étude, ils combattoient parprincipes, Sc ne donnoient presque rien â la fortune : ado-rés du Soldat, l’amour pour le Général, plutôt que l’obéïf.fance dûë au Souverain, paroissoit animer l’une Sc l’autrearmée : ces deux Généraux fe connoissoient, s’estimoientSt fe craignoient mutuellement ; ni l’un ni l’autre n’ofoitattendre la victoire des sautes de son ennemi, il íalloit l’em-porter â force de génie Sc de science militaire. » Cette der-» niere Campagne, selon l’opinion (1) d’un grand Jugç
(1 ) Voyez le caractère de ces deux grands Capitaines par le P. de Tour-nemine , dans les Journaux de Trévoux , année 1707. au mois de May.
,( z ) Chevalier Follard , Polybe, r. 1. p. 25 j.