DE TURENNE, LIVRE VI. 56z _
dans l’art de la guerre , » est le chef-d’œuvre du Vicomte de An. r 6 75.» Turenne Lc du Comte de Montécuculli : il n’y en a point» de fi belle dans l’antiquité ; il n’y a que les experts dans-» le métier qui puissent en bien juger. Combien d’obstacles» réciproques à surmonter l Combien de chicanes , de» marches ôc de contremarches, de manœuvres profondes» ôc rusées > C’est par la qu’on reconnoît les grands hom-» mes, ôc nullement par la facilité de vaincre,, ôc par le pro-» digieux nombre de troupes.
Le Vicomte avoit traversé le Rhin ; c’etoit une démar- Dessein desche hardie, qui répandoit la terreur dans l’Empire, Ôc qui p^f“ ls d * ^obligeoit Montécuculli à tout tenter pour le lui faire repas- Campagne,fer : il ne pouvoit y réussir qu’en battant les François , ouquen leur ôtant les moyens de subsister ; l’un étoit douteux,,
& l’autre pouvoit être long. Le Vicomte tiroit des vivresde la haute Alsace par le moyen du pont qu’il avoit cons-truit fur les branches du Rhin , ôc avoit derriere lui desprairies, pour nourrir fès chevaux lorsque les fourages fe-roient finis. Montécuculli n’avoit pas le même avantage json armée suivie d’un grand nombre de gens ôc de che-vaux inutiles, devoir manquer de subsistance plutôt quecelle de Turenne.. La principale ressource des impériauxétoit de s’emparer des ponts des François : le projet n’étoitpas fans apparence de réussite, ôc le succès n’auroit pas pro-curé aux Impériaux moins d’avantages que de gloire. LeVicomte avoit deux ponts a garder, l’un a lui près d’Oe-senheim, ôc lautre aux habitans de Strasbourgqui nefott-