DE T U RE N NE, LIVRE VI. ;-zsut jamais que dans les occasions où il s’agissoit de soutenir,contre les préventions ouïes fausses vues des Ministres, lesintérêts de l’Etat ; alors fans ménager les siens, ni ceux defa Maison , il parla toujours avec la fermeté d’un bon Ci-toyen, qui ne craint rien, sinon de manquer à la justice & ala patrie.
La sobriété lui avoir conservé toute ía vigueur dans unâge avancé ; il la regardoit comme un moyen égalementpropre à maintenir les forces du corps, 8c â augmenter cel-les de l’eíprit ; il mangeoit peu, 8c ses repas étoient fortcourts : par là il fe procuroit la liberté de travailler en touttems, 8c s’étoit rendu infatigable d’efprit 8c de corps.
Sa modestie lelevoit au-deíliis de toutes fes autres vertus :on la reconnoît pleinement dans les mémoires qu'il nous alaissés écrits de fa main ; il y raconte fes plus grandes ac-tions comme des évenemens communs ; il semble qu'il n’yait eu presque aucune part, 8c qu'il n’ait rien fait que ce quetout autre auroit pû faire. Il étoit au niveau, du Grand , 8c n’a-voit pas besoin d’efforts pour y atteindre. Dans la conver-sation il ne parloit presque jamais de lui ; s’il y étoit forcé,c'étoit avec tant de réserve, qu’il paroislòit ignorer son mé-rite, & la haute idée que les autres en avoient. Lorfqu'ilra-contoit les batailles où il n’avoit pas réussi, il fe fervoit tou-jours de cette expression, Je perdis : quand il parloit de fesvictoires,il difoit toujours, Nous gagnâmes. La simplicité deses mœurs 8c celle de fes habits, de fa table 8c de fes équi-pages annonçoient fa modestie. Les foins qu’il prenoit de
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