Z9L HISTOIRE DU VICOMTEíans orgueil; il défendoit le pillage, conservoit les fruits à1a terre, épargnoit autant qu’il pouvoit le pays ennemi, ôc.s'étoit fait une efpece de morale militaire qui lui étoit pro-,pre : auíîì les ennemis remplis pour lui de vénération ôc dotendresse, pleurèrent fa mort autant que les.François me-rmes. Les Aliemans pendant plusieurs années laiíserent en.friche l’endroit où il fut tué, ôc les paysans le montroientcomme un lieu sacré : ils respectèrent le vieux arbre fous le-quel il fe reposa peu de tems avant fa mort, ôc ne voulurentpoint le laiííer couper ; l’arbre n'a péri que parceque les Sol-dats de toutes les Nations en détachèrent des morceaux patrespect pour la mémoire de ce grand homme..
Les idées que le Vicomte s’étoit formées du véritable hé->roïfme le lui avoient fait placer dans une élévation d’ame,qui nous rend inaccessibles aux. passions des autres ,ôc quinous donne fur les nôtres un empire absolu.. Il passa fa viefans aucun démêlé personnel. Quand il commença a servir,ce ne fut pas toujours fous des Chefs pour qui il eût unegrande estime : dans la fuite il eut fous lui des Officiers qu’iln’estimoit pas davantage : il commanda avec des Générauxfort incompatibles par leur humeur, ôc par la jalousie quilsavoient de fa gloire : parmi tant de sujets d’impatience , iln’a jamais ossenfé personne, ni montré le moindre empor-tement ; il ne lui est pas meme échapé un seul mot indiscret.Quoiqu’il fût né doux ôc patient, une modération si rare ôcpratiquée avec tant de constance, ne pouvoit être l’esset duseul tempérament : s’il parût quelquefois s’en écarter, ce nc