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Tome premier.
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XXI
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B O L AE A N A, xxj

«murer du refus d’un Privilège qui me laissoit celui de jouir paisiblement de« toute ma paresse. Cependant, Monseigneur, puisque vous daignez vous.. intéresser si obligeamment pour moi, j’aurai l’honneur de vous porter»mon Art Poétique ausli-tôt qu il fera achevé, non point pour obtenir un» Privilège dont je ne me soucie point, mais pour soumettre mon Ou-» vrage aux lumières d’un aussi grand personnage que vous étés. Je» fuis, &c.

M. Despréaux ne parla de sa réponse, qu’après que fa lettre eut étéremise au Suisse de M. Colbert. Puimorin son frété, qui étoit Contrô-leur des Menus , le tança fort de s’en être tenu à une simple lettre decompliment avec un Ministre ,6c de n’avoir pas pris la poste fur le champpour aller faire ses remercimens. Mais à quelques jours de-là ayant eu oc-casion de parler à M. Colbert pour des fonds qui regardoient son Emploi,il lui fit des excuses pour son frere que le commerce des Muses écartaitsouvent de se s plus grands devoirs. Tout ce que je puis vous dire là-dessus,repartit le Ministre, c’est que jamais lettre ne m’a fait plus de plaisir, quela sienne.

î Dans la Campagne de Gand, MM. Despréaux & Racine eurent or-dre de suivre le Roi. Sa Majesté s’y exposa beaucoup, sur quoi plusieursCourtisans lui remontrèrent qu’il devoir un peu plus ménager fa personne;ôc son Historien lui vint faire sa cour en le priant de ne lui pas donnersitot occasion de finir son Histoire, puisqu’iì ne s’en étoit fallu que septpas qu’un boulet de canon n’eût atteint Sa Majesté. Et à combien depas étiez-vous du canon, dit le Roi à Despréaux? A cent pas, réponditle Satirique. Mais n’aviez-vous point peur, repartit le Roi ? Oui , Sire ,je tremblois beaucoup pour votre Majesté , ôc encore plus pour moi.

f Après la mort de M. Racine, M. Despréaux vint à la Cour proposerau Roi M. de Valincour pour être son associé à l’Histoire. Du plus loinque le Roi eut apperçu le Satirique, il lui cria : Despréaux, nous avonsbeaucoup perdu vous & moi à la mort de Racine. Tout ce qui me con-sole , Sire , repartit M. Despréaux, c’est que mon ami a fait une fin trèâ-Chrétienne & très-courageuse, quoiqu’il craignît extrêmement la Mort.Oui, oui, répliqua le Roi, je m’en souviens j c’étoit vous qui étiez lsbrave au siège de Gand.

5 Le P. de la L aune, Jésuite fort célèbre, fit un discours où le Parle-ment fut invité; c’étoit un éloge du Parlement. Après avoir loué cet il-lustre Corps en général, il passa aux éloges des Particuliers ; & venantà parler des Bailleuls, Baillolios , M. le Président de Bailleul ôta son bon-net dont il se couvrit le visage , & l’eut toujours à la main tant que1 éloge dura. Les autres Présidens apostrophés se découvrirent pareil-Lrnent , & ne remirent leur bonnet qu’après qu on eut fini fur leurslouanges, M. Despréaux , qui assista à la harangue , ne trouvoit rie§