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Tome premier.
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LXII
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lxíj B O L AE A N A.

me i’emporte de beaucoup sur Corneille , sur M. Racine , & sur moi ;car, ajoutoit-il en riant, il faut que je me mette auífi de la partie.

5 De toutes les Epigrammes qui ont jamais été faites, M. Deípréauxestimoitle plus celle-ci:

Cy gist ma femme , ah ! quelle ejl bienPour son repos , & pour le mien !

f M. Despréaux étant prêt à donner ses Satires , ses amis lui conseil-lèrent de n’y point fourer Chapelain. Ne vous y trompez pas, luidisoit-on, le décri de la Pucelle ne sa pas encore tout-à-fait décrié auprès desGrands. M. de Montaufier est son partisan déclaré ; M. Colbert lui faitde fréquentes visites. Eh bien, insistoit M. Despréaux , quand il seroitvisité du Pape, je soutiens ses vers détestables. II n’y a point de Policeau Parnasse, si je ne vois ce Poëte-là quelque jour attaché au Montfourchu. Molière qui étoit présent à*cette saillie, la trouva digne d’êtreplacée dans son Mifantrope , à l’occasion du Sonnet d’Oronte:

Je soutiendrai, morbleu, que ses vers font mauvais,

Et qu un homme ef pendable âpres les avoir faits.

5 M. Deípréaux avoit prêté neuf mille francs à un de ses neveux, quien usa mal avec lui : il ne laissa pas de lui remettre deux mille francs furla somme dûe. Si j'eusse été content de lui, je lui eusse volontiers cédéla somme entière ; car austi-bien, disoit-il, il ni avoit accoutumé à m’erxpasser.

J M. Deípréaux disoit que la plupart des Epigrammes naissent dansla conversation. II en citoít pour exemple quelques-unes des siennes,qui n’avoient point eu d’autre origine. Quoiqu’ami de Furetiere, il leblâmoit fort de s’être applaudi dune Epigramme qu il avoit réduite à qua-tre vers, après l’avoir faite ôc refaite à trente diverses reprises. VoiciÎ’E-pigramme :

Paul vend fa maison de Saint-Clou,

A maints Créanciers engagée ,•

On dit par tout qu 1 il en est fou ?

Je le croi, car il Ha mangée.

La vieille Cour étoit fort pour ces jeux de mots ; mais depuis que Ben-serade eut du dessous, les pointes & les allusions surent envelopées dansfa diígrace. II a pourtant laissé quelques héritiers ; & fans parler de l’O-pera Comique, les autres Théâtres ont assez fidèlement recueilli fa suc-cession.