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Tome premier.
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SATIRE IV.

A MONSIEUR L’ABBÉ LE VAYER.

Cette Satire fut composee en 16 6 e^.V Auteur en conçut l'idée dans une conversation qu'il eutavec P.Abbé le Fayer & Molière ,& ou l'on établit par divers exemples , que tous les hom-mes font fous, & que chacun néanmoins fe croit sage tout seul. Proposition qui fait le sujetde la Piéce.

D ’Où vient, cher íe Vayer, que l’Homme le moinssage

Croit toûjours seul avoir la sagesse en partage :

Et qu il n est point de Fou, qui par belles raisonsNe loge son voisin aux Petites-Maisons ?

5 Un Pédant enyvré de fa vaine science,

Tout hérissé de Grec, tout bouffi d’arrogance,

Et qui de mille Auteurs retenus mot pour mot,

Dans fa teste entassez, n’a souvent fait qu’un Sot,

Croit qu un livre fait tout, & que sans AristoteLa raison ne voit goûte, & le bon sens radote.

D’autre part un Galant, de qui tout le mestierEst de courir le jour de quartier en quartier,

Et d’aller, à f abri d’une perruque blonde,

De ses froides douceurs fatiguer le beau monde.

REMARQUES.

Vers i. D’ou vient , cher le Fayer fj L’Ab-bé le Vayer } fils unique de M. de Ja Mo-rhe le Vayer , Conseiller d’Etat , Préce-pteur de Monsieur Philippe de France. Qní e croit Auteur du Roman de Tarsis &jîjslií. Il mouiut en 166^.. âgé d’environ

35. ans.

Vers 4. mb Aux Petites-Maisons.'] Hô-pital de Paris, où l’on enferme les Fous.

V.ers 31 .11 compteroit plutôt, &c. ] Cesdeux vers font imités de Juyénal, Satire10, vers 2 z q .