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SATIRE IV.
55 Qui toûjours pour un autre enclin vers la douceur,Se regarde foi-mefme en severe Censeur,
Rend à tous ses défauts une exacte justice,
Et fait fans fe flatter le procès à son vice.
Mais chacun pour foi-mefme est toûjours indulgent.Un Avare idolâtre, Sc fou de son argent -Rencontrant la disette au sein de l'abondance,appelle sa folie une rare prudence,
Et met toute ía gloire, Sc son souverain bien,
A grossir un trésor qui ne lui sert de rien.
Elus il le voit accru, moins il en sçait l’usage.
Sans mentir, f avarice est une étrange rage,
Eflra cet autre Fou, non moins privé de sens,
Qui jette, furieux, son bien à tous venans,
Et dont famé inquiété, à foi-mefme importune,
7o Se fait un embarras de fa bonne fortune.
Qui des deux en effet est le plus aveuglé ?
IAm Sc l’autre à mon sens ont le cerveau troublé 3
REMORQUES.
Meurt de soif au milieu d 1 un fleuve qui lefuit ?
Vous riez. : savez.-vous que c'efl votre pein-ture t
Et que C'efl vous par la que la fable figure ?Chargé d'or & d’argent , lom de vous en fe 1
vir .
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yous brûlez, d’une fois qu on ne peut ajfouvir.Vous nagez, dans les biens , mais votre amealtérée
Se fait de fa richesse une chose sacrées ,
Et tous ces vains trésors que vous allez, ca-cher f
Sont pour vous un dépot que vous n'osez. tou*cher.
Quoi donc? de votre argent ignore z.-vou^l'usage ?
Les six premiers Vers n’en rendent qusdeux du Poëte Latin. Pradon leur oppo,soit ceux-ci :
Tantale dans un fleuve a soif t & ne peutboire.
Tu ris. Change le nom. La fable est ton his-toire.