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8 f A peine quelquefois je me force à les lire,
Pour plaire à quelque Ami, que charme la Satire,Qui me flatte peut-estre, Sc d’un air imposteur ,
Rit tout haut de l’ouvrage, Sc tout bas de l’Auteur,Enfin c’esl mon plaisir : je me veux satisfaire;
90 Je ne puis bien parler,& ne fçaurois me taire;
Et dés qu’un mot plaisant vient luire à mon eíprit,Je n’ai point de repos qu’il ne soit en écrit:
Je ne résisté point au torrent qui m’entraiíhe.
Mais c’est aífez parlé. Prenons un peu d’haleine,95 Ma main, pour cette fois, commence à fe laífer.Finissons. Mais demain, Muse, à recommencer.
R E M A R £ U ES.
Mathieu de Montreiiií, né en 1620. filsd’un Avocat au Parlement, mort à Valen-ce en 1692. Il avoir de l’esprit, il s'étoitfait de la réputation par ses vers ; mais ilaffecta trop de les faire passer dans les Re-cueils de Poésies choisies.
Horace, Satire 4. Livre I.
Natta taberna meos habeat t neque f tla
lìbellos
Que 'ts manus infudet vulgi Hermogenif-que Tigelti.
Vers 85. ^ seine quelquefois je me foreta les lire. J Horace, au même endroit :
N on recito cuiquam , nifi amicis idquecoattus :
Non ubivis , cordmve qaibuflibet.