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Tome premier.
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SATIRE VIL 6r

Soit que le Ciel me garde un cours long ôc tranquille,A Rome ou dans Paris, aux champs ou dans la ville ,Deuil ma Muse par là choquer tout l’Univers,

Riche, gueux, triste - ou gay, je veux faire des vers.Pauvre Esprit, dira-t-on, que je plains ta folie!

Modéré ces bouillons de ta mélancolie;

Et garde qu’un de ceux que tu penses blaímerN éteigne dans ton sang cette ardeur de rimer.

Hé quoi ? lors qu’autrefois Horace, après Lucile,Exhaloit en bons mots les vapeurs de fa bile,

^ Et vangeant la Vertu par des traits éclatans,

Alloit oster le masque aux vices de son temps :

Ou bien quand Juvénal, de fa mordante plumePrisant couler des flots de fiel & d’amertume,Oourniandoit en courroux tout le peuple Latin,

0 L Un oul’autre fit-il une tragique fin?

Et que craindre, âpres tout, dune fureur fi vaine?Personne ne connoist ni mon nom ni ma veine.

On ne volt point mes vers, àl’envi de Montreuil,Grossir impunément les feuillets d’un recueil.

K L M A K

dure loi , Sec. ] Ce vers , Se les dix - sept

suivans font imités d’Horace , Satire i.Liv. U.

Ne longim sacìam : feu me tranquilla fe-neílus

Exspeílat, feu mors atris circumvolat alìs:Dives, inops , Roua , feu fors ita jiijjerit,ex fui,

Quisquis erit vit&, fcrìbam , color.

Vers 68. Riche , gueux , tris e ou gai , &c.^

ÏU critique Dcinurcts publia en x674.

2 u E s.

contre les Satires de l’Auteur, lui donnalieu de corriger ainíî ce vers. On liíòit au-paravant : Riche, gueux, ou content.

Vers 73, Hé , quoi ? lors qu’autrefoisHorace âpres Lucile 3 Lee. ] Horace au mê-me endroit:

1 ■ " — Qjfd, cum efl Lucilius aufusPrimas in hune operts componere car minamorem ?

Letrahere & pellem , Lee.

Vers 8 3. —> N l'envi de Aíontreiul. J