Band 
Tome premier.
Seite
64
JPEG-Download
 

64 SATIRE VIII.

Mais il faut les prouver. En forme. J’y consens.Répons-moy donc, Docteur , Sc mets-toy fur les bancs»Qu’est-ce que la Sageífe ì Une égalité d’ame,

20 Que rien ne peut troubler , qu aucun deíir n’enflâme;Qui marche en fes conseils à pas plus mesurez,

Qu un Doyen au Palais ne monte les degrez.

Or cette égalité, dont fe forme le Sage,

Qui jamais moins que l’Homme en a connu lufage 1

2 j La Fourmi tous les ans traversant les guerets.

Grossit fes magasins des trésors de Gérés ;

Et dés que l’Aquilon, ramenant la froidure,

Vient de fes noirs frimats attrister la Nature,

Cet animal, tapi dans son obscurité,

30 Jouit l’hyver des biens conquis durant lesté.

Mais on ne la voit point dune humeur inconstante,Paresseuse au printemps, en hyver diligente -Affronter en plein champ les fureurs de Janvier,

Ou demeurer oisive au retour du Belier.

3 5 Mais l’Homme fans arrest, dans fa course insensée ,

Voltige incessamment de pensée en pensée :

Son cœur, toujours flottant entre mille embarras,

Ne sçait ni ce qu’il veut, ni ce qu’ilne veut pas.

Vers 25. La Fourmi tous les ans traver-sant les guérets, &c.] Horace, Satire I.livre I.

Parvula ( nam exemplo est ) magni Formi-ca laboris ,..

Qm ,stmul inverstm contristât j 4 yuarinsmnurn s

Non ufcjuarn prorepit , & illis utitur antQuafitìs fapiens.

Vers J4. — Au retour du Bélier .C’est-à-dire , du Printemps.

Vers 3 j. Mais V Homme fans arrêt,Sec.Horace, Epître i. Liv. I.

«——» Lftud/nea don pugnat fententiafecum