Band 
Tome premier.
Seite
65
JPEG-Download
 

SATIRE VIII. 6$

Ce qu’un jour il abhorre, en l’autre il le souhaite.

4 ° Moi? j’irois épouser une Femme coquette ?

J hois, par ma constance aux affronts endurci,mettre au rang des Saints qu’a célébrez BuíïDAssez de Sots fans moi feront parler la Ville,

Ihsoit le mois passé ce Marquis indocile,

I Qui depuis quinze jours dans lepiege arresté,

^utre les bons Maris pour exemple cité,

Crost que Dieu, tout exprès, dune coslenouvelleA tiré pour lui seul une Femme fidelle.

50 l'Domme en effet. II va du blanc au noir.

H condamne au matin ses sentimens du soir.

Importun à tout autre,àsoi-mesmeincommode,

1 change à tous momens d’eíprit comme de mode :H tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc.

Aujourd’hui dans un casque, Sc demain dans un froc.Il Cependant à le voir plein de vapeurs legeres,Soi-mefme se bercer de ses propres chimères.

Cui seul de la Nature est la bâze Al'appui.

•^ t le dixiesme Ciel ne tourne que pour lui,Hctous les animaux il est, dit-il, le maistre.

Qui pourroit le nier? pouríuis-tu. Moi peut-estre.

REMARQUES.

Qa°dpetiit ,/perrn : repetit , quod nuper

omifit,

*- / £ftuat j & -vit A difionvenit ordine toto .Vers 41. _ Des Saints qu a célébrez.] Le Comte de BuíE-Rabutin avoit*ait un petit Livre, relié proprement en«lanière d’Heures ,où, au lieu des Images

Tome /.

que l’on met dans les Livres de prières,étoient les portraits en mignature de quel-ques Hommes de la Cour, dont les Fem-mes étoient soupçonnées de galanterie. Et,ce que dans la fuite il a lui - même con-damné , il avoit mis au bas de chaque por-trait, un petit discours en forme d’Oraisoa

* I