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Mais fans chercher au fond, st nostre esprit deçeûSçait rien de ce qu’il fçait, s’il a jamais rien fçeû,Toi-mefme,reípons-moi.Dans le íìecle où nous sommes,180 Est-ce au pie du fçavoir qu’on mesure les hommes ìVeux-tu voir tous les Grands à ta porte courir lDit un Pere à son Fils, dont le poil va fleurir;Pren-moi le bon parti. Laiífe-là tous les livres.Centfrancs au denier cinq combien font-ils ì Vingt livres.ï8j C est bien dit. Va, tufçaistout ce qu’il faut fçavoir.Que de biens, que d’honneurs fur toi s’en vont pleuvoir !Exerce-toi, mon Fils, dans ces hautes sciences ;
Prens, au lieu d’un Platon, le Guidon des Finances :Sçache quelle Province enrichit les Traitans :ipo Combien le sel au Roi peut fournir tous les ans,Endurcy-toi le cœur. Sois Arabe, Corsaire,
Injuste, violent, sans foi, double, faussaire.
Ne va point sottement faire le genereux.
Engraiífe-toi, mon Fils, du suc des malheureux ,
15)5 Et trompant de Colbert la prudence importune,
Va par tes cruautez mériter la fortune.
REMARQUES.
Defcrìpjìt radio totttm qui Gentibus Or -bem.
Et Horace , Ode 28. Liv. I.
sérias tentasse domos , anìmoque rotitn-dum
Percurrijse polum.
Vers 181 . Veux-tu voir tons les Grandsa ta porte courir ? ] Horace, Art poétique ,vers 325.
Romani pueri longis mionibus ajfem
Difcunt in partes centum dìducere , &c.
Vers 184. Centfrancs au denier cinq lcombien font-ils ? vingt livres. ] C’est un U-surier qui parle, & qui, au lieu d’interro-ger son fils fur le pié du denier vingt , quiest l’intérêt légitime , 1 interroge íur le piedu denier cinq 3 qui est son intérêt ordi-naire.
Vers 18S. - Le Guidon des Finan-
ces. ] Livre qui traite des droits & revenus
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