SATIRE VIII. 73
Aussi-tost tu verras Poètes, Orateurs,
■Rhéteurs, Grammairiens, Astronomes, Docteurs,dégrader les Héros pour te mettre en leurs places ,5 °o De tes titres pompeux enfler leurs dédicacés,
Te prouver à toi-meíme en Grec, Hebreu, Latin,Que tu íçais de leur art Sc le fort Sc le fin.
Quiconque est riche est tout. Sans sagesse il est sage.n a, sans rien sçavoir, la science en partage.
U a s esprit, le cœur, le mérité, le rang ,
La vertu, la valeur, la dignité, le sang.
L est aimé des Grands, il est chéri des Belles.
Jamais Sur-intendant ne trouva de Cruelles.
^ L or mesme à la laideur donne un teint de beauté :
0 Mais tout devient afíreux avec la pauvreté.
L est ainfi qu’à son fils un Usurier habileTrace vers la Richesse une route facile :
Lt souvent tel y vient, qui sçait pour tout íecret,Cinq Sc quatre font neuf, ostez deux, reste sept.
Aprés cela, Docteur, va pastir fur la Bible;
Va marquer les écueils de cette mer terrible:
R E M A R Jst U E S,
2l
r U Roi, & âe touc ce qui concerne les
Finances.
Vers 195 ,£t trompant de Colbert , &c. ]Fíiniftre aussi loué depuis fa mort, qu’il^eritoit de l’ètre pendant fa vie.
Vers 200. De tes titres pompeux enflerleurs dédicaces. ] Le Poète avoir en vue leGrand Corneille , qui, pour dédier Cinna aJ^îontauron,riche partisan , reçut une sommeconsidérable . Ainsi s’est expliqué k Com-
Tome /.
mentateur de notre Poê'te. Ainsi m’étois-jeexpliqué moi-même, & plus fortement auTome I. des Oeuvres de Pellisson. Maisl’illustre Pere Tourne mine, dans son ingé-nieuse Défense de Corneille , a prouvé quece grand homme , loin d’avoir aimé l’ar-gent, avoir porte l’indifference à cet égardjuíqu’à une insensibilité blâmable.
Vers 2 o 3. Quiconque efi riche est tout } &c. JHorace, L, I. Ep. 6 . v. z C.
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