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SATIRE VIII.
pour nous reformer, le Ciel prudent & sage
Le I a parole enfin lui permettoit l’usage :
^ Qu’il pût dire tout haut ce qu’il se dit tout bas,
Ah ! Docteur, entre nous, que ne diroit-ilpas ì
Lî que peut-il penser, lorsque dans une rue
Au milieu de Paris il promene fa vûë :
^ Qu’il voit de toutes parts les Hommes bigarrez,
0 Les uns gris, les uns noirs, les autres chamarrez ?
Que dit-il quand il voit, avec la Mort en trousse ,
Courir chez un Malade un Assassin en housse :
Qu’il trouve de Pédans un escadron soure,
Suivi par un Recteur de Bedeaux entouré:
29 ï n ,
} u u qu’il voit la Justice, en grosse compagnie,
Mener tuer un homme avec cérémonie ìQue pense-t-il de nous, lors que fur le MidiLn hazard au Palais le conduit un Jeudi;
2 Lors qu’il entend de loin, dune gueule infernale,
La Chicane en fureur mugir dans la Grand’Sale ?
Que dit-il quand il voit les Juges - les Huissiers,
Les Clercs, les Procureurs, les Sergens, les Greffiers?O ! que si l’Afne alors, à bon droit misanthrope,Louvoit trouver la voix qu’il eut au temps d’Efope !
REMARQUES.
Vers x-jC. Que t Homme , qdun Doiïeure flau dessous d un Asnes Le Docteur à quicette Satire est adressée, étoit surnomméla Mâchoire d’udsne , parce qu’ìl avoir lamâchoire fort grande &c sort avancée.
Vers r-q. Suivi far un ReUmr , &c. ]
L’Univeríìté de Paris fait ses Processionsquatre sois Tannée. Le Recteur y assisteavec ses Supôts. Les quatre Facultés, deThéologie, de Droit, de Médecine, & desArts, marchent auffi à leur rang, &. aveçles habits qui leur font propres^