ì SATIRE IX. %
Jamais dans le Barreau trouva-t-il rien de bon îkeur-on fi bien prescher qu il ne dorme au Sermon ?àis lui, qui fait ici le Regent du Parnasse,
^ E qu’un gueux revestu des dépouilles d Horace*
j A-Vant lui Juvénal avoit dit en Latin,
Qu on eji ajsis à Taise aux Sermons de Cotin .
J" Ln Sc l’Autre avant lui s’estoient plaints de la rime.
Et c’est auíïi fur eux qu il rejette son crime,n cherche à fe couvrir de ces noms glorieux.
J’ai peu lu ces Auteurs : mais tout n’iroit que mieux,
^ Quand de ces Médifans l’Engeance toute entiereJ s oit la teste en bas rimer dans lariviere.
Voilà comme on voustraitte: Sc le Monde effrayeVous regarde déja comme un homme noyé.
En vain quelque Rieur, prenant votre défense,
Veut faire au moins de grâce adoucir la sentence.
Rien n’appaife un Lecteur toûjours tremblant d’effroi,Qui voit peindre en autrui ce qu’il remarque en foi.Vous fer ex-vous toûjours des affaires nouvelles ?
Et faudra-t-il fans cesse essuyer des querelles ìN entendrai-j e qu Auteurs fe plaindre Sc murmurer îJusqu à quand vos fureurs doivent-elles durer?
R E M A R £
U E S,
k rivière. ] L’austère vertu dont M. le Ducde Montaufier faifoit profession , lui fit re-garder certains traits des Satires de l’Auteur,comme des médisances affreuses qu’on nedevoit pas autoriser. Un jour dans un mou-vement de colère, il dit qu’il faudroit en-
voyer BoiJeau &c tous les Satiriques rimerdans la rivière. Cependant on fût que ceDuc qui s’étoit mele de Poëfie dans fa jeu-nesse, avoit composé des Satires, qui paf-soient pour vives.