SATIRE IX. S7
Mais de blaímer des vers ou durs ou languilfans ;
*7o De choquer un Auteur, qui choque le bon sens:
De railler d’un Plaisant, qui ne sçait pas nous plaire;
U elì ce que tout Lecteur eut toujours droit de faire.Tous les jours à la Cour un Sot de qualité^eut juger de travers avec impunité :
■O A Malherbe, àRacan, préférer Théophile,
Et le clinquant du Tasse, à tout for de Virgile.
Un Clerc, pour quinze fous, fans craindre le hola ?
Peut aller au Parterre attaquer Attila;
Et fi le Roi des Huns ne lui charme f oreille,
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0 Traiter de Visigots tous les vers de Corneille.
U n’est Valet d’Auteur, ni Copiste à Paris,
Qui la balance en main ne pèse les Ecrits.
Dés que l’impresson fait éclorre un Poète,
^ H est esclave né de quiconque sachete :
S II fe soumet lui-meíme aux caprices d’autrui,
Et fes écrits tous seuls doivent parler pour lui.
Un Auteur à genoux, dans une humble Préface,
Au Lecteur, qu’il ennuye, a beau demander grâce ;Il ne gagnera rien fur ce Juge irrité,
0 Qui lui fait son procès de pleine autorité.
REMARQUES.
Préface que M. Mirabaud a mis à la têtede fa belle Traduction de la Jérusalem dê-llv sèe. Le Tasse, Pocte Italien du XVI e .Siécle 5 m i s en parallèle avec Virgile parbeaucoup d’Auteurs, & parles Italiens íur-
Vers 17B. —— Attaquer Attila. ] Pie-:ce du Grand Corneille, inférieure aux bellesTragédies de ce Poète, mais où l’on recon-noît pourtant l’Auteur d’Hèraclius & deNicomcde. Voyez la Défense de Corneillepar le R. P. Toumenaine,