H4 S A T I R E X.
5 6$ Crois-tu que dune fille humble, honneste - charmante,L’Hymen n’ait jamais fait de Femme extravagante?Combien n’a-t-on point veu de Belles aux doux yeux.Avant le mariage, Anges fi gracieux,
Tout à coup fe changeant en Bourgeoises sauvages,37° Vrais Démons,apporter l’Enfer dans leurs ménages,Et découvrant l’orgueil de leurs rudes esprits,
Sous leur fontange altiere asservir leurs Maris?
Et puis, quelque douceur dont brille ton Epouse,Penses-tu, si jamais elle devient jalouse,
375 Que son ame, livrée à ses tristes soupçons,
De la Raison encor écoute les leçons?
Alors, Alcippe, alors tu verras de ses œuvres.Resoutoi, pauvre Eípoux, à vivre de couleuvres:
A la voir tous les jours, dans ses fougueux accés ,380 A ton geste, à ton rire intenter un procès:
Souvent de ta maison gardant les avenues,
Les cheveux hérissez, t’attendre au coin des rues :
Te trouver en des lieux de vingt portes fermez,
Et par tout où tu vas, dans ses yeux enflammez,
385 T'oflrir, non pas d'Isis la tranquille Eumenide,
Mais la vraye Alecto peinte dans l’Eneïde,
RE MA RQUE S.
àns, aux exercices d’une solide piété.
Vers 37 i.Sous leur fontange altière, Lee. ]Fontange, nœud de ruban que les Damesportent fur le devant de la tête pour atta-cher leur coëffure, nommé de la forte ,
parce que Madame la Duchesse de Foslta 11-ge porta la premiere un ruban ainsi noue»
Vers 378. ■ ■- — A vivre de couleavrts- 1Expression proverbiale , c’est souffrit tP uS