EPISTRE XII. a;i
Qui pleins des vains propos, que TErreur vous debite,Vous figurez qu’en vous, un pouvoir fans limiteJustifie à coup se.ûr tout Pecheur alarmé ;
Pt que sans aimer Dieu l’on peut en estre aimé.
Quoy donc, cher RENAUDOT,un Chrestien effroïable,Qui jamais, servant Dieu, n eut d’objet que le Diable ;^5 Pourra, marchant tousjoursdans des sentiers maudits,Par des formalitez gagner le Paradis ;
Pt parmy les Esteûs dans la Gloire eternelle,
P°Ur quelques Sacremens reçeûs fans aucun zele ,
Psteu fera voir aux yeux des Saints efpouvantez
^°n Ennemy mortel astis à ses costez ì
P^ut-on se figurer de si folles chimères ì
Ou voit pourtant, on voit des Docteurs, mesme austères,
Qui les semant par tout, s’en vont pieusement
JJe toute pieté saper le fondement ;
^ Qui, le cœur infecté d’erreurs si criminelles ,disent hautement les purs, les vrais Fidelles ;traitant d’abord d’Impie, &d’Heretique affreux,Quiconque ose pour Dieu se déclarer contre Eux.ç P* e leur audace en vain les vrais Chrestiens gémissent :0 Prests à la repousser les plus hardis mollissent ;
Pt voyant contre Dieu le Diable accrédité,
^ osent qu’en bégayant prescher la vérité,■^lollirons-nous austi ì Non, fans peur, fur ta trace §Uocte Abbé, de ce pas j’iray leur dire en face :
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