CHANT TROISIEME. L95
Qu’Enée Sc ses vaisseaux, par le vent écartez,
Soient aux bords Africains d’un orage emportez,*
Ce n’est qu une aventure ordinaire Sc commune ;ì8 ° Qu un coup peu surprenant des traits de la Fortune,■Mais que Junon, constante en son aversion,
Poursuive fur les flots les restes d’Ilion :
Qu’Eole, en fa faveur les chassant d’Italie,
Ouvre aux Vents mutinez les prisons d’Eolie,*
Que Neptune en courroux s’eflevant fur la mer,fr’un mot calme les flots, mette la paix dans l'air,Celivre les vaisseaux, des Syrtes les arrache ;
0’est-là ce qui surprend, frappe, saisit, attache.
Sans tous ces ornemens le Vers tombe en langueur.
^a Poésie est morte, ou rampe fans vigueur :
Ce Poète n’est plus qu’un Orateur timide ,*
Qu’un froid Historien dune Fable insipide.
C’esl donc bien vainement, que nos Autheurs deçeus »j bannissant de leurs Vers ces ornemens reçeus,
^ Pensent faire agir Dieu, ses Saints Sc ses Prophètes,Comme ces Dieux esclos du cerveau des Poètes :Mettent à chaque pas le Lecteur en Enfer:
^ offrent rien qu’Astaroth, Belzebuth, Lucifer.
2 Ce la foy d’un Chrestien les mystères terribles0 C ornemens égayez ne font point susceptibles.
remarques.
Vers 19Z. C est donc bien vainement que | dans son Poème de Clovis , fait produire
ftos jìuteurs déçus, &c. ] Ce t^ui fuit re-garde Desmarecz de Saine Soilin , <^ui
tout le merveilleux par l’intervention desDémons, des Anges, Lc de Dieu même.