spá L’ART POETIQUE.
L’Evangile à l’Eíprit n’ossre de tous costez,
Que penitence à faire, & tourmens méritez :
Et de vos fictions le meílange coupable,
Mesme à ses veritez donne f air de la Fable.
20j Et quel objet enfin à prefenter aux yeux,
Que le Diable tous j ours heurlant contre les Cieux,Qui de vostre Héros veut rabbaisser la gloire -Et souvent avec Dieu balance la victoire ?
Le Tasse, dira-t-on, l’a fait avec succès.
210 Je ne veux point icy luy faire son procès:
Mais, quoy que nostre Siecle à fa gloire publie -II n’eust point de son Livre illustré f Italie,
Si son sage Héros, tousjours en oraison,
N’eust fait que mettre enfin Sathan à la raison ;
Et fi Renaud, Argant, Tancrede, &sa MaistresseN’eussent de son íujet égayé la tristesse.
Cen’estpas que j’approuve, en un sujet Chrestiez>Un Autheur follement Idolastre & Payen.
Mais dans une profane & riante peinture »
220 De n oser de la Fable employer la figure;
De chaíïer les Tritons de f empire des eaux,
D’oster à Pan fa fluste, aux Parques leurs ciseaux ;
REMARQUES.
Vers 209. Le Tasse _ l'a sait avec suc-
ces.] Dans son Poème de la Jérusalem dé-livrée.
Vers 21 B. zjn Auteur follement , &c. ]I/Arioste.
Vers riA. Mais dans me profane &
riante peinture. J Telle que là dèss n P norî
du passage du Rhin, dans l’Epître IV.
Vers 242. Qui de tant de Héros en a cbotsir Childcbrand. ] C’eíï le Héros d’un Poè-me héroïque, intitulé Les Sarrasinsde Vtance, composé par Sainte Garde, Co
D’empeschei