*2
CHANT QUATHIE’ME. ziz
Et sur les pieds en vain taschant de se hausser,
Four s’égaler à luy - cherche à le rabbaisser.
Ne descendons jamais dans ces lasches intrigues.ïî0 N’allonspoint à l’Honneur par de honteuses brigues.Que les Vers ne soient pas vostre eternel employ.Cultivez vos Amis, soyez Homme defoy.
C’est peu d’estre agréable Sc charmant dans un Livre ;
II faut sçavoir encore Sc converser Sc vivre.
Travaillez pour la Gloire, Sc qu’un sordide gainNe soit jamais l'objet d’un illustre Escrivain.
Je sçay qu un noble Esprit peut, sans honte Sc fans crime,Tirer de son travail un tribut légitimé :
Mais je ne puis souffrir ces Autheurs renommez.
Qui degoustez de gloire, Sc d’argent affamez,Mettent leur Apollon aux gages d’un Libraire ;
Et font d’un Art divin, un mestier mercenaire.
Avant que la Raison, s’expliquant par la voix ,
Eust instruit les Humains, eust enseigné des Loix:
^ Tous les Hommes suivoient la grossière Nature ;Dispersez dans les bois couroient à la pasture.
La Force tenoitlieu de droit Sc d’équité:
Le meurtre s’exerçoit avec impunité.
RE M A R 0 U E S.
le Poète désigne la Tragi-comédie du^id, condamnée dans l’écrit de M. Ni-cole.
Vers m. Cultivez, vos Amis , soyez,homme de foy. ] Tel fut M. Despréaux. 11yoìt fondé à donner le précepte ; il avoirdonné i’exemple. Si la Poésie en général
Tome L
est moins estimée aujourd ? hui, c’est que lemépris pour le Poëte s’étend jusqu’à l’Artmême qu’il cultive. Peu sçavent juger unouvrage par l’ouvrage seul. D’ailleurs, s T iln’y a de vrai Orateur, que l’homme de bien,ne pourroit-on pas, proportions gardées,dire le même du Poète. ;
* Rr