z 14 I/ART POETIQUE.
Mais du Discours enfin l’harmonieuse adreíïejqo De ces sauvages mœurs adoucit la rudesse ;Rassembla les Humains dans les forests espars,Enferma les Citez de murs Sc de remparts ;
De f aspect du supplice effraya l’insolence,
Et sous l'appui des Loix mit la foible Innocence.
14^ Cet ordre fut, dit-on, le fruit des premiers Vers.
De là font nez ces bruits reçeus dans l'Univers,Qu’aux accens,dont Orphée emplit les monts de Thrace*Les Tigres amollis dépoiiilloient leur audace :
Qu’aux accords d’Amphion les pierres íe mouvoient,150 Et íur les murs Thébains en ordre s’eílevoient.L’Harmonie, en naissant, produisit ces miracles.Depuis, le Ciel en Vers fit parler les Oracles,*
Du sein d’un Prestre, emeudune divine horreur,Apollon par des Vers exhala fa fureur,iyj Bien-tosl, ressuscitant les Héros des vieux âges,Homere aux grands exploits anima les courages.Hésiode à son tour, par d’utiles leçons,
Des champs trop paresseux vint hasler les moissons.
En mille Efcrits fameux la Sagesse tracée,
160 Fut, à f aide des V ers, aux Mortels annoncée;
Et par tout des esprits ses préceptes vainqueurs,Introduits par l'oreille, entrerent dans les cœurs.
REMARQUES.
Vers t 47. Qu'aux accent, dont Orphée , I Sdv’ftres hommes faces * mterprefpue Ve°jSíç*J Poétique dHorace^vers 391. ! rum,