34§ LE LUTRIN.
Et suivant de Bacchus les auspices sacrez,
De l’auguste Chapelle ils montent les degrez.
45 Ils atteignoient desja le superbe Portique,
Où Ribou le Libraire, au fond de sa boutique ,
Sous vingt fìdelles clefs, garde & tient en dépoli,L’amas tousjours entier des Escrits de Haynaut.Quand Boirude, qui voit que le péril approche,
5 o Les arreste, & tirant un fusil de sa poche,
Des veines d’un caillou, qu’il frappe au mefme instant jII fait jaillir un feu qui pétillé en sortant :
Et bien-tost au brazier d’une mesche enflammée,Monstre, à f aide du souffre, une cire allumée.
55 Cet Astre tremblotant, dont le jour les conduit,
Est pour eux un Soleil au milieu de la nuit.
Le Temple à sa faveur est ouvert par Boirude.
Us passent de la Nef la vaste solitude,
Et dans la Sacristie entrant, non fans terreur -6o En percent jufqu’au fond la tenebreufe horreur.C’est-là que du Lutrin git la machine énorme.
La troupe quelque temps en admire la forme.
Mais le Barbier - qui tient les momens précieux :
Ce spectacle n’est pas pour amuser nos yeux,
REMARQUES,
Vers 51 . Des veines d un caillou &c.]Virgile, Georg. L v. 13 5.
Etsilicis venis abftrujìm excuderet ignem,jieprimumsilìcìs fcíntillam excudit Acha-fes, Enéide, Lib. I. v. 178,
Vers 58. Ils passent de la Nef la vasesolitude, 3 M. Deípréáux vantoít ce verícomme une image merveilleuse d’une Egl 1 'se j qui durant la nuit parpîc une vraie s<?'Etude.