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Tome second.
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59
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TRAITE’ DU SUBLIME. 59

Sophocle n est pas moins excellent à peindre les choses,comme on le peut voir dans la description qu il nous alaissée d’Oedipe mourant, & s’ensevelissant luy-mesmeau milieu d une tempeste prodigieuse, & dans cet autreendroit , où il dépeint s apparition d Achille fur sontombeau, dans le moment que les Grecs alloient leverl’ancre. Je doute neantmoins, pour cette apparition,que jamais personne en ait fait une description plusvive que Simonide. Mais nous n’aurions jamais tait, ilnous voulions estaler icy tous les exemples que nouspourrions rapporter à ce propos.

Pour retourner à ce que nous difîons, les(i) Ivnû~

ges dans la Poésie font pleines ordinairement d’accidens

fabuleux , & qui passent toute forte de croyance ; aulieu que dans la Rhétorique le beau des Images c est derepresenter la chose comme elle s est passée , & tellequelle est dans la vérité. Car une invention Poétique

REMARQUES.

peïï. ] Le mot mugir ne me paroît pas assezfort pour exprimer seul le ê»8«n«i- & led’Eschyle ; car ils ne signifient passeulement mugir , mais fe remuer avec agita-tion j avec violenée. Quoique ce soit unefolie de vouloir faire un vers mieux queM. Despréaux , je ne laisserai pas de direue celui d’Eschyle seroit peut-être mieuxe cette maniéré pour le sens.

Du Palais en fureur les combles ébranlés'Tremblent en mugissant.

Et celui d’Euripide;

La Montagne s’ébranle, & répond a leurscris.

D A C IE R.

( i ) tes Images dans la Poésie font pleinesordinairement daccident fabuleux, Q C eítle sens que tous les Interprètes ont donné àce passage : mais je ne croi pas que ç’ait étéla pensée de Longin ; car il n’est pas vraique dans la Poëfie les images soient ordi-nairement pleines d’accidens, elles n’onten cela rien qui ne leur soit commun avecles images de la Rhétorique. Longin ditsimplement 3 que dans la Poésie les images

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