62 TRAITE’ DU SUBLIME.
est aisément entraisné par cette Image qu’on luy pré-senté au milieu d’un raisonnement, & qui luy frappantl’imagination, l’empesche d’examiner de si prés la forcedes preuves, à cause de ce grand efclat dont elle cou-vre A environne le Discours. Au reste , il n est pas ex-traordinaire que cela faste cet effet en nous , puisqu ilest certain que de deux corps mestez ensemble, celuyqui a le plus de force attire tousjours à foy la vertu Scla puissance de l’autre. Mais c’est assez parlé de cetteSublimité * qui consiste dans les pensées, Sc qui vient,comme j’ai dit, ou de la Grandeur d'ame 3 ou de li-mitation. , ou de lImagination.
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CHAPITRE XIV.
Des Figures ; & premierement de V Apoflrophe.
I L faut maintenant parler des Figures , pour suivrel’ordre que nous nous sommes prescrit. Car, commej’ay dit, elles ne font pas une des moindres parties duSublime, lors qu’on leur donne le tour qu elles doiventavoir. Mais ce feroit un Ouvrage de trop longue halei-ne , pour ne pas dire infini, si nous voulions faire icy uneexacte recherche de toutes les figures qui peuvent avoirplace dans le Discours. C’est pourquoy nous nous con-tenterons d’enparcourir quelques-unes des principales,je veux dire celles qui contribuent le plus au Sublime;