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Tome second.
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74 TRAITE’ DU SUBLIME.

à tous momens de pensée Sc de langage, Sc ne gardentni ordre ni fuite dans leurs discours.

Les habiles Escrivains * pour imiter ces mouvemensde la Nature 3 se servent des Hyperbates. Et à dire vray,l’Art n’est jamais dans un plus haut degré de perfection,que lors qu’il ressemble fi fort à la Nature, qu on le prendpour la Nature mesme ; Sc au contraire la Nature neréussit jamais mieux que quand f Art est caché.

Nous voyons un bel exemple de cette transpositiondans Hérodote , où Denys Phocéen parle ainsi auxHérodote, Ioniens : En effet nos affaires font réduites à la derniere

Iiv. 6. pag. M J

Fraùcfoxt; de extrémité s Meffieurs. Il faut necejfairement que noussoyons libres , ou esclaves, & esclaves misérables, (i) Sidonc vous voulez^ eviter les malheurs qui vous menacent,il faut ffans différer , embrasser le travail & la fatigue >& acheter vojlre liberté par la défaite de vos ennemis .S’il eust voulu íuivre Tordre naturel, voicy comme ileust parlé : ALejjìeurs , il ejl maintenant temps d’embras-ser le travail & la fatigue. Car enfin nos affaires fontréduites à la derniere extrémité, & c. Premierement doncil transpose ce mot, Aíeffeurs, Sc ne l’iníere qu'imme-diatement après leur avoir jetté la frayeur dans famé ,

RE M A R gJV E S.

( I ) y donc vous voulez. ] Tous les Inter-prètes d Hérodote', & ceux de Longin, ontexpliqué ce passage comme M. Deípréaux.Mais ils n’ont pas pris garde que le verbeGrec htíKítrSai ne peut pas signifier éviter ,mais prendre, §c que TceXa.tvufia. n’est pas

plus íòuvent employé pour miferi, calamité ,que pour travail , seine. Hérodote opposemanifestement netreenrapícts iv t ímaSdf, pren-dre de la peine, n appréhender point la fati-■gue , à ptuXtiKt)} S'txyjHirôctj, être lâche , pa-resseux : Si il dit, fi donc vous voulez ne point