TRAITE’ DU SUBLIME. 75
comme íì la grandeur du péril luy avoir fait oublier lacivilité, qu on doit à ceux à qui l’on parle en commen-çant un discours. Ensuite il renverse Tordre des pensées.Car avant que de les exhorter au travail, qui est pour-tant son but,il leur donne la raison qui les y doit por-ter : En effet nos affaires font réduites à la derniere ex-trémité ; afin qu il ne semble pas que ce íoit un discoursestudié qu il leur apporte ; mais que c est la passion quile force à parler fur le champ. Thucydide a aussi desHyperbates fort remarquables, Sc s’entend admirable-ment à transposer les choses qui semblent unies du lien leplus naturel, Sc qu'on diroit ne pouvoir estre séparées.
Demosthene est en cela bien plus retenu que luy. Eneffet, pour Thucydide, jamais personne ne les a répan-dues avec plus de profusion, Sc on peut dire quil ensoûle ses Lecteurs. Car dans la passion quil a de faireparoistre que tout ce quil dit, est dit fur le champ , iltraisne sans cesse l’Auditeur par les dangereux destoursde ses longues transpositions. Affez souvent donc il sus-pend sa premiere pensée , comme s’il affectoit tout ex>près le désordre : Sc entremestant au milieu de son dis-cours plusieurs choies différentes, qu il va quelquefoischercher mesme hors de son sujet, il met la frayeur
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appréhender la seine & la fatigue , commen-cez. dés ce moment à travailler , & après ladéfaite de vos ennemis vous ferez, libres. Ceque je dis paraîtra plus clairement, si on
prend la peine de lire le paiïàge dans le sixiè-me Livre d’Hérodote, à la Section xi. Da-cier.
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